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Nouvelle scientifique

 

Paris, le 10 mars 2015

 

La France s'engage dans l'expérience LSST

 

Le CNRS vient de signer un accord avec le projet LSST. Il formalise la participation française à cet important projet qui vise notamment à mieux comprendre la nature de l'énergie noire.

 

Installé au Chili, le Large Synoptic Survey Telescope (LSST) est un télescope de 8,3 mètres de diamètre équipé d'une caméra comptant 3,2 milliards de pixels qui photographiera le ciel de manière systématique durant 10 ans. Chaque portion du ciel sera revisitée toutes les quatre nuits, créant ainsi au fil du temps, un véritable film en 3 dimensions de l'univers.

Les observations faites au travers du télescope LSST permettront une meilleure compréhension de la nature de l’énergie noire qui tend à accélérer l'expansion de l'univers. L’accord signé le 5 mars par Jacques Martino (directeur de l’IN2P3), Steven Kahn (directeur du projet LSST) et Pat Eliason (directrice-générale de LSST Corporation) vient ainsi officialiser l’engagement du CNRS dans ce projet qui permettra aussi aux chercheurs français de faire des avancées majeures dans les domaines de l'astrophysique et de la cosmologie.

Le projet est constitué de trois grandes parties : le télescope, la caméra et l’exploitation des données. La collaboration LSST France, représentée par l’IN2P3, participe à la construction de la caméra et au traitement des données issues du télescope. Huit  laboratoires de recherche (1) ainsi que le Centre de calcul de l’IN2P3 sont impliqués dans ce projet.

 

La plus grande caméra jamais réalisée

La caméra de LSST doit produire des données d'une très haute qualité avec un minimum de tempsd'interruptions (notamment pour les opérations de maintenance). Pour obtenir une haute résolution et tirer avantage du champ de vue, la caméra est dotée de 3,2 milliards de pixels. Ce sera la plus grande jamais construite, avec un diamètre de 1,6 m, une longueur de 3 m et un poids de 2.800 kg.

La France est le seul pays européen  à participer à la construction du LSST. Une équipe de près de 70 chercheurs, ingénieurs et techniciens de l’IN2P3 participe à la construction de la camera de LSST. Ils contribuent notamment aux capteurs d’image et à leur électronique de lecture, au système de changement de filtres, à l’optique et à la caractérisation  de la  caméra. 

L’IN2P3 contribue aussi fortement à l’analyse des images prises par le télescope. En effet, chaque nuit, environ 2.000 images seront prises, soit plus de 15 Téraoctets de données produites et stockées. Le traitement des images sera réparti à part égale sur deux sites distincts : le National Center for Supercomputing Applications (NCSA) aux Etats-Unis et le Centre de calcul de l’IN2P3 en France. Au terme des dix ans du programme, ce sont 37 milliards d'objets astronomiques (galaxies, étoiles, astéroïdes, ...) qui seront stockés, soit un volume total de 500 Pétaoctets de données (2). Les développements associés à cette gestion de données sont très innovants et s'inscrivent dans la thématique du "big data".

Conçu comme un projet multi-agences en partenariat public-privé, le projet LSST bénéficie du soutien de mécènes comme Bill Gates et Charles Simonyi, mais aussi d’entreprises privées, telles que Google. La pose de la première pierre interviendra en avril prochain. Les premières observations devraient être possibles dès 2019. L’observation systématique de l’ensemble du ciel visible depuis le Chili, quant à elle, aura lieu à partir de 2022, pour une durée de 10 ans.

 

(1) APC, CPPM, LAL, LMA, LPC Clermont, LPNHE, LPSC et LUPM.
(2) Soit 500 millions de Gigaoctets, l’équivalent de 100 millions de DVDs.

 

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