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Communiqués de presse

 

Paris, le 27 avril 2011

 

Le chasseur d’antimatière AMS rejoint l’espace

 

Le détecteur de particules AMS, fruit d’une collaboration internationale qui implique le CNRS pour la partie française, décollera le 29 avril à l’occasion du tout dernier vol de la navette spatiale. Il rejoindra ensuite la station spatiale internationale, son poste d’observation définitif, pour explorer quelques-unes des plus grandes énigmes de l’Univers, comme la recherche de l’antimatière et de la matière noire.

 

Aux origines, le big bang aurait créé autant de matière que d’antimatière. Par exemple, à tout noyau d’helium "fabriqué" au début de l’Univers, correspondrait un noyau d’anti-helium. De même, la plupart des particules disposent d’une antiparticule jumelle, avec les mêmes propriétés mais de charge opposée. Or notre Univers est dominé par la matière ; la seule antimatière observée jusqu’à présent est produite uniquement dans les interactions de haute énergie (comme l’interaction des rayons cosmiques avec l’atmosphère, ou lors d’expériences menées avec des accélérateurs de particules). Mais l’antimatière primordiale, celle des origines, est jusqu’à présent restée introuvable. A-t-elle disparu ? Si oui, pourquoi ?

Tenter de retrouver la moitié disparue de l’Univers, c’est l’une des principales missions de l’expérience AMS (Spectromètre magnétique alpha) qui s’envolera le 29 avril pour la station spatiale internationale. Pendant plus de dix ans, elle traquera les rayons cosmiques à la recherche de l’antimatière, mais aussi de la matière noire.

AMS est le fruit d’une large collaboration internationale réunissant près de 600 chercheurs, avec une très importante participation européenne. Le détecteur a été assemblé sur le site français du Cern, l’organisation européenne pour la recherche nucléaire. C’est également là que se trouvera le centre scientifique de traitement des données d’AMS.
La France a joué un rôle majeur dans la conception et la réalisation de plusieurs parties de cet instrument, à travers quatre laboratoires du CNRS(1) :

  • le Lapp à Annecy-le-Vieux (CNRS - Université de Savoie) pour le calorimètre électromagnétique
  • le LPSC à Grenoble (CNRS - Université Joseph Fourier) pour le détecteur Cherenkov à imagerie annulaire,
  • le LUPM à Montpellier (CNRS - Université Montpellier 2) pour la responsabilité complète du système GPS spatial
  • et le Centre de Calcul de l’IN2P3(2) du CNRS, qui a fourni une bonne partie des ressources informatiques pour la simulation de l’expérience et la préparation de la physique.

De nombreuses industries françaises ont également contribué à la réalisation du détecteur.

Sylvie Rosier Lees dirige les équipes françaises de la collaboration AMS. Pour cette physicienne, "AMS est un détecteur de particules utilisé un peu comme un télescope. Mais plutôt que de capter la lumière en provenance des étoiles pour mieux comprendre l’Univers, AMS identifiera les particules chargées tels les protons, électrons et noyaux atomiques qui bombardent sans cesse notre planète".

En traquant les particules qui nous parviennent de l’espace et en les étudiant avec une très grande précision, AMS sera capable d’identifier un noyau fait d’antiparticules au milieu d’un milliard d’autres particules. "Cela revient à chercher une aiguille dans une botte de foin", déclare Jean Pierre Vialle, l’un des fondateurs de l’expérience AMS en France, "mais si on la trouve, cela révélera qu’il existe sans aucun doute des étoiles constituées d’antimatière quelque part dans l’Univers, une véritable révolution !".

AMS pourrait également percer le mystère de la matière noire, une composante invisible et mystérieuse de notre Univers et qui représenterait de l’ordre de 83% de sa masse totale. Si cette matière noire était composée de nouvelles particules, AMS pourrait la détecter de manière indirecte en enregistrant une anomalie dans le flux de rayons cosmiques.

Le lancement d’AMS pourra être suivi en direct sur webcast le 29 avril de 21h30 à 22h30 à l’adresse : http://webcast.cern.ch (en anglais).

 

AMS (Anti-matter in space ou Alpha magnetic spectrometer experiment) : une expérience de recherche de matière noire et d’antimatière dans l’Univers et d’étude des rayons cosmiques à des énergies intermédiaires, installée sur la station spatiale internationale (ISS).
© www.gregcirade.com pour le CNRS

 

(1) Les laboratoires français ont reçu le soutien financier du CNRS et du Cnes (Centre national d’études spatiales), mais aussi de la Région Rhône-Alpes, de la Région Languedoc-Roussillon et du département de Haute-Savoie, en raison de l’impact positif sur l’industrie et sur la formation de ces collectivités territoriales.

(2) Institut national de physique nucléaire et de physique des particules du CNRS

 

Contact chercheur

  • Sylvie Rosier-Lees, Tél :  04 50 09 16 78 / 06 33 40 24 48
  • Jean Pierre Vialle, Tél :  04 50 09 16 80 / 06 87 82 87 75

Contact communication

  • IN2P3 :  Arnaud Marsollier, Tél :  (Suisse) 00 41 76 487 2769

Contact presse

  • CNRS : Julien Guillaume, Tél : 01 44 96 46 35
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