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Communiqués de presse

 

Paris, le 12 mars 2008

 

Le projet européen Epica de carottages glaciaires reçoit le Prix Descartes décerné par l'Union européenne

 

Le projet européen Epica (European project for ice coring in Antarctica), dans lequel plusieurs laboratoires français se sont fortement impliqués, est un des lauréats du prestigieux Prix Descartes(1) pour la recherche 2007. Ce projet est récompensé pour avoir permis de remonter l'histoire du climat de l'Antarctique jusqu'à 800 000 ans, grâce aux enregistrements climatiques exceptionnels réalisés à partir de deux carottages opérés sur ce continent, et de fournir ainsi des informations d’une importance extrême pour la compréhension du changement climatique en cours. Le Prix Descartes est décerné ce jour, 12 mars 2008, à Bruxelles par l'Union européenne.

 

Les résultats du projet Epica (voir encart) reposent sur les travaux et sur l’expertise, dans le domaine de l'exploitation des archives glaciaires et de la glaciologie, de scientifiques issus de dix nations.
Deux carottages ont été réalisés sur deux sites très reculés et diamétralement opposés de l'Antarctique de l'Est, où la calotte glaciaire est épaisse de plus de 3000 mètres : au Dôme C (75°06'S, 123°24'E) et dans la région de Dronning Maud Land (75°00'S, 0°01'E). Les opérations de forage ont pris plusieurs années et ont été conduites dans des conditions climatiques extrêmes, avec une température moyenne annuelle de -54,5 °C au Dôme C et de -44,6°C à Dronning Maud Land. Les carottes et échantillons de glace ont ensuite été rapatriés et analysés dans différents laboratoires européens.
Ces carottages ont donné accès à l’évolution au cours du temps de divers paramètres : la température, l'accumulation de neige, la composition des aérosols atmosphériques, la concentration de l'atmosphère en gaz à effet de serre, l'activité solaire et l'intensité du champ magnétique, ainsi que le flux de matériaux d'origine extra-terrestre. Le carottage réalisé au Dôme C a permis de reconstruire, sur plus de 800 000 ans, soit le double de la période couverte par les précédents enregistrements, les variations de la température et de la composition de l’atmosphère en gaz à effet de serre en Antarctique. Celui pratiqué dans la région de Dronning Maud Land a permis en outre d'étudier de façon extrêmement détaillée le couplage entre les climats des hémisphères Sud et Nord.

Selon Hubertus Fischer, glaciologue allemand qui a coordonné le dossier de candidature du projet Epica au prix Descartes, "seule une collaboration étroite entre toutes les équipes européennes impliquées a rendu possible le succès de ce projet, très ambitieux sur les plans aussi bien logistique et technologique que scientifique". Et d'ajouter que "Epica a offert une possibilité unique à des jeunes chercheurs et à des doctorants de réaliser des travaux de haut niveau avec des collègues européens, puis de se lancer dans une carrière de recherche".

Depuis le premier carottage de 905 mètres, réalisé au Dôme C au cours de l'été austral 1977-1978 par une équipe grenobloise dirigée par Claude Lorius, la France est très fortement impliquée dans les forages profonds réalisés en Antarctique de l'Est. Elle le doit au soutien logistique de tout premier plan assuré jusqu'au début des années 1990 par les expéditions polaires françaises (EPF) et depuis lors par l'Institut polaire français Paul-Émile Victor (Ipev). Avec l'Enea, son homologue italien, l’Ipev a assuré le soutien logistique très lourd de l'opération de forage du Dôme C, site où a été construite la station permanente franco-italienne Concordia. L'équipe technique du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE)(2) a joué un rôle essentiel dans le développement et la mise en oeuvre du carottier utilisé lors des deux forages et des appareils de mesures géophysiques.
Sur le plan scientifique, les équipes françaises ont largement participé, en collaboration avec leurs collègues européens, à l’analyse de ces deux carottages. Cet effort a été coordonné par le LGGE qui est intervenu dans l'analyse des traces gazeuses et chimiques, l'étude des propriétés mécaniques et physiques de la glace et la modélisation des calottes. Le Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE)(3) a été impliqué dans la reconstruction des paramètres climatiques, essentiellement à partir de l'analyse isotopique de la glace et des bulles d'air qu'elle contient, tandis que le Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse (CSNSM)(4) s’est consacré à la mesure du beryllium-10, isotope rare qui permet de retracer l'évolution de l'activité solaire et du champ magnétique terrestre à ces époques reculées.
Ces trois laboratoires (LGGE, LSCE et CSNSM) et l'Ipev ont ainsi été des acteurs majeurs de la réussite de ce projet européen.

 

Le projet Epica
Organisé sous forme de consortium, le projet Epica a été conduit par 12 partenaires issus de 10 pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, France, Italie, Norvège, Pays-bas, Royaume-Uni, Suède et Suisse). Placé sous l'égide de la Fondation Européenne pour la Science (ESF), il a été financé par les pays participant au forage et par l'Union européenne. En France, il a été et est soutenu par différents programmes de l'Insu et de l'Ipev, par le CEA-DSM, par les prix Balzan et Louis-D, et par un projet ANR.
Jean Jouzel (LSCE/IPSL) a assuré la responsabilité du projet de 1995 à 2001. Dominique Raynaud (LGGE) est depuis 2005 le coordinateur du projet européen qui contribue actuellement au financement.

 

(1) D'un montant total de 1,36 millions d’euros, le prix de Descartes pour la recherche est attribué chaque année à des projets, au maximum quatre, ayant conduit dans le cadre d’une collaboration européenne à des résultats scientifiques ou technologiques exceptionnels dans tous les domaines des sciences naturelles ou des sciences humaine.
(2) Laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement (LGGE) : CNRS / Université Joseph Fourier ; Observatoire des Sciences de l’Univers de Grenoble / Insu
(3) Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE) : CEA / CNRS / Université Versailles Saint-Quentin ; Institut Pierre Simon Laplace / Insu
(4) Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse (CSNSM) : Université Paris-Sud 11 / CNRS/IN2P3

 

Pour en savoir plus

Contact chercheur

  • LGGE : Dominique Raynaud, Tél : 04 76 82 42 52 (42 45)
  • LGGE : Jérôme Chappellaz, Tél : 04 76 82 42 64
  • LSCE : Jean Jouzel, Tél : 06 84 75 96 82
  • LSCE : Valérie Masson-Delmotte, Tél : 01 69 08 77 15
  • CSNSM : Grant Raisbeck, Tél : 01 69 15 52 64
  • Ipev : Gérard Jugie, Tél : 02 98 05 65 02

Contact communication

  • Insu : Dominique Armand, Tél : 01 44 96 43 68
  • IN2P3 :  Alain de Bellefon, Tél : 01 44 96 47 51
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