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Communiqués de presse

 

Paris, le 4 juin 2004

 

Le spectrographe Snifs voit sa première supernova

 

Snifs (Supernova integral field spectrometer), spectrographe innovant construit avec le soutien de l'Insu et de l'IN2P3 du CNRS (1), a observé sa première supernova durant la nuit du 28 mai à Hawaii. Les supernovae sont la manifestation de la mort brutale de certaines étoiles. Elles sont l'élément clé qui a permis de montrer, en 1998, que l'expansion de l'Univers est de plus en plus rapide. Snifs est destiné à détecter et à analyser le spectre d'au moins 100 supernovae de type Ia (2) par an. En confortant l'utilisation de telles supernovae comme étalon de distance, il permettra d'approfondir l'étude de ce phénomène étonnant et encore mystérieux d'accélération de l'expansion de l'Univers.

 

L'explosion thermonucléaire des supernovae de type Ia est un phénomène rare (5 par galaxie et par millénaire). Cependant, les cendres radioactives qui en résultent induisent une forte émission de lumière pendant deux mois environ et le nombre de galaxies dans l'Univers est suffisamment important pour permettre d'observer chaque jour de nouvelles supernovae.

En 1998, l'observation de supernovae de type Ia a révélé que l'expansion de l'Univers est actuellement en phase d'accélération. Pour approfondir cette étonnante observation, des équipes françaises et américaines se sont associées au sein du projet Nearby Supernova Factory (SNFactory : usine à supernovae proches), coordonné par Greg Aldering (Lawrence Berkeley national laboratory [LBNL], Berkeley, Californie). Ce projet consiste dans un premier temps à rechercher des candidats supernovae dans un sondage panoramique du ciel, en utilisant les données fournies par la caméra Quest-II, de 160 millions de pixels, mise en opération à l'observatoire du mont Palomar en Californie. Le relais est ensuite transmis à une deuxième chaîne d'observation, celle du SNIFS, dont le rôle est d'identifier les supernovae de type Ia et d’en réaliser une étude détaillée. Une supernova “candidate idéale” pour le programme SNFactory est une supernova de type Ia observée pour la première fois moins de 10 jours après son explosion, suffisamment proche pour que l'on puisse mesurer son spectre avec précision, mais assez lointaine pour être peu affectée par le mouvement propre de sa galaxie d'origine. Pour chaque supernova identifiée remplissant ces critères, l'instrument Snifs réalisera une dizaine de spectres au cours des 60 jours suivant l'explosion.

Snifs est un spectrographe innovant qui a été optimisé pour le suivi spectro-photométrique d'objets variables tels que les supernovae. Il autorise l'observation spectrale d'objets étendus grâce à une mesure simultanée en trois dimensions (deux dimensions spatiales et une dimension spectrale) et peut mesurer les caractéristiques physiques à la fois des supernovae et de leur galaxie hôte. La qualité des informations spectroscopiques et photométriques recueillies permet de calibrer chaque supernova individuellement et pas seulement statistiquement.

Snifs a été construit par les membres français de la collaboration (3), avec le soutien de l'IN2P3 et de l'Insu du CNRS. Les chercheurs américains (4) ont fourni les caméras et réalisé une partie des instruments de contrôle des performances de SNIFS.

Arrivé à Hawaii en pièces détachées en mars, Snifs a d'abord été réassemblé et testé au niveau de la mer afin de permettre aux chercheurs de s’entraîner avant l'assemblage in situ à plus de 4200 mètres d'altitude, où ces manipulations sont plus compliquées. Il a ensuite été transporté au sommet du Mauna Kea (Hawaii), où il a été installé le 6 avril sur le télescope de 2,2 m de l'Université d’Hawaii.

Après des années de préparation, les observations systématiques vont pouvoir commencer. En collectant un nombre jamais atteint de supernovae ayant explosé il y a moins d'un milliard d'année, les chercheurs du SNFactory pourront renforcer les bases de la mesure du taux d'expansion de l'Univers. Couplée à une compréhension plus détaillée de l'estimation des distances à partir des supernovae de type Ia, cette mesure permettra d'améliorer l'étude de la mystérieuse "énergie noire" à l'origine de l'accélération de l'expansion de l'Univers, faisant de ces supernovae un outil unique pour une telle recherche.

 

(1) Institut national des sciences de l'Univers (Insu) et Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3).
(2) Les supernovae de type Ia, de masse légèrement supérieures à celle de notre soleil (1,4 masse solaire), génèrent une luminosité jusqu'à 10 milliards de fois supérieure à celui-ci.
(3) Centre de recherche astronomique de Lyon (Cral), Laboratoire de physique des particules et des hautes énergies (LPNHE) et Institut de physique nucléaire de Lyon (IPNL).
(4) LBNL, Université de Yale et Université de Chicago.

 

Contact chercheur

  • Pierre Antilogus, Tél : 01 44 27 41 54
  • Emmanuel Pecontal, Tél : 04 78 86 83 76

Contact communication

  • IN2P3 : Dominique Armand, Tél : 01 44 96 47 51
  • Insu : Philippe Chauvin, Tél : 01 44 96 43 36

Contact presse

  • CNRS : Isabelle Tratner, Tél : 01 44 96 49 88
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