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Communiqués de presse

 

Paris, le 27 mai 2004

 

Conférence internationale Neutrino 2004

Une particule longtemps énigmatique en passe de livrer ses secrets

 Le dossier de presse

 

La conférence internationale Neutrino 2004 regroupera plus de 400 spécialistes mondiaux, du 14 au 19 juin 2004 à Paris, au Collège de France. Ces spécialistes feront le point sur les avancées les plus spectaculaires, ainsi que sur les mystères qui continuent à entourer les neutrinos. Une conférence de presse aura lieu le 7 juin, au Collège de France, au cours de laquelle seront présentées de grandes expériences d’étude des neutrinos dans lesquelles la France est particulièrement engagée.
La conférence Neutrino 2004 sera également accompagnée de manifestations grand public : le vendredi 11 juin, sur le campus de Jussieu, "les neutrinos se mettent en scène" avec la première représentation de la pièce de théâtre "Einstein et Pécuchet au pays des neutrinos", suivie par le spectacle de danse d’Anne-Laure Rouxel intitulé "66 milliards/cm2/seconde", en référence aux neutrinos solaires. Une conférence ouverte au public, "Les neutrinos ? Élémentaire !", suivie d’un débat, aura également lieu le mercredi 16 juin au grand auditorium de la Bibliothèque nationale de France.

 

Au milieu des années 80, un déficit persistant dans le nombre mesuré de neutrinos provenant du Soleil par rapport à la théorie et une anomalie controversée concernant le flux des neutrinos produits dans l’atmosphère terrestre jetaient le trouble dans la communauté scientifique. Ces interrogations furent à l’origine d’un très grand nombre d’expériences étudiant cette particule. Aujourd’hui, cet effort a porté ses fruits : malgré leur faculté de traverser la matière sans quasiment jamais s’arrêter, les neutrinos ne sont plus des particules "fantômes". Nous savons que le neutrino est une particule de matière existant sous trois formes appelées "saveurs", ayant chacune une signature expérimentale différente. Produit dans une de ces saveurs, un neutrino peut en changer lors de son trajet vers un détecteur, et de ce fait ne pas être détectable par la signature attendue : on dit alors qu’il "disparaît". Mais si le détecteur le permet, il peut aussi "apparaître" avec une signature correspondant à une autre saveur. Cette transformation – on parle d’oscillation – permet aujourd’hui de réconcilier prédictions et expériences, et d’expliquer les énigmes des décennies passées. Les expériences en cours et les projets en préparation doivent désormais étudier en détail le mécanisme d’oscillation et déterminer avec précision les paramètres qui le gouvernent afin de les confronter aux modèles théoriques pour les affiner. Ces oscillations impliquent que les neutrinos ont des masses non nulles, contrairement à ce que supposaient jusqu’à présent les théories. Les neutrinos contribuent donc à la masse manquante de l’Univers : on sait désormais qu’ils "pèsent" aussi lourds que toutes les étoiles visibles. Cependant, les neutrinos ne se sont pas encore complètement dévoilés…
Enfin, du fait de leur très faible interaction avec la matière, les neutrinos devraient permettre de sonder les phénomènes cosmiques les plus violents et surtout les plus lointains : noyaux actifs de galaxies, explosions de supernovæ, sursauts gamma… ouvrant ainsi une nouvelle fenêtre d’observation sur l’Univers.
La France, au travers des expériences Opera, Nemo, Antares et du projet Double-Chooz, est très présente dans l’étude des neutrinos. L’expérience Opera observera, dans le laboratoire souterrain du Gran Sasso (Italie), des neutrinos produits à 700 kilomètres de là, au Cern à Genève; l’expérience Nemo, dans le laboratoire souterrain du Fréjus, cherche à déterminer si le neutrino est sa propre particule d’anti-matière ; le projet Double-Chooz se propose d’étudier les neutrinos émis par les réacteurs nucléaires de la centrale de Chooz (Ardennes) pour observer les oscillations dans un mode peu connu. L’expérience Antares qui sera prochainement déployée au large de Toulon, à 2 500 mètres sous la mer, participera à la naissance de l’astronomie neutrinique. Enfin, deux projets ambitieux sont à l’étude avec un objectif de réalisation au cours de la prochaine décennie : un télescope à neutrinos d’un kilomètre cube, qui serait la suite d’Antares, et un détecteur de neutrinos d’un million de tonnes d’eau pour étudier les paramètres de l’oscillation non encore mesurés (et notamment ceux qui pourraient être responsables de la prédominance de la matière sur l’antimatière dans notre Univers).

 

Pour en savoir plus

Contact presse

  • CNRS : Martine Hasler, Tél : 01 44 96 46 35
  • CEA : Pascal Newton, Tél : 01 40 56 20 97
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