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Dossiers de presse
Paris, le 8 octobre 2004 Mise à jour : 22 mars 2007
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| Trois familles de particules | |||
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1 |
2 |
3 |
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| quarks | u |
c |
t |
d |
s |
b |
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| leptons | neutrino électronique |
neuttrino muonique |
neutrino tauique |
électron |
muon |
tau |
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Les particules de la première famille, l’électron, le neutrino électronique, le quark u et le quark d, sont les particules massives les plus légères et sont stables. Elles sont les constituants exclusifs de la matière ordinaire. À l’exception des neutrinos, les particules des deux autres familles sont plus lourdes et instables. Elles ne peuvent être observées que dans le rayonnement cosmique, ou dans des accélérateurs lors de collisions de haute énergie. Ces particules de matière sont toutes caractérisées par un spin de 1/2. On les appelle des fermions. Elles sont mutuellement impénétrables.
Ces particules de matière interagissent entre elles selon 4 forces (ou interactions) fondamentales. Ces forces sont transmises par des particules dites messagères. Différentes des fermions, leur spin vaut 1. Ce sont des bosons.
L’interaction faible
Elle est responsable de certaines désintégrations radioactives et explique par exemple pourquoi le soleil brille. Elle est portée par trois particules, W+, W- et Z0, qui ont été observées au Cern sur l’ancien collisionneur proton anti-proton au début des années 1980, puis caractérisées avec une très grande précision au LEP entre 1989 et 2000 ainsi que dans l’expérience SLD (Slac) et au Tevatron (Fermilab).
L’interaction forte
Cette force attractive fait interagir entre eux les quarks constitutifs des protons et des neutrons. Elle est responsable de la cohésion des noyaux atomiques. Ses messagers sont les gluons.
L’interaction électromagnétique
Elle agit entre tous les objets qui possèdent une charge électrique. C’est elle, par exemple, qui lie les électrons et le noyau de l’atome. La particule messagère de l’interaction électromagnétique est le photon, cette particule familière constitutive du rayonnement électromagnétique quelle que soit sa longueur d’onde : ondes radio, micro ondes, lumière visible, ultraviolets, rayons X, etc…
L’interaction gravitationnelle
Elle est toujours attractive et s’exerce entre tous les objets qui ont une masse. C’est l’interaction dominante dans l’Univers à grande échelle. Mais, à l’échelle atomique, elle est négligeable comparativement aux autres forces.
Si le Modèle standard répond à de nombreuses questions sur la structure et la stabilité de la matière, certains points fondamentaux demeurent encore inexpliqués. Les briques connues à ce jour sont-elles vraiment élémentaires ou contiennent-elles des sous-structures ? Pourquoi les particules connues peuvent-elles être classées en trois familles aux propriétés semblables mais aux masses différentes ? Pourquoi l’Univers observable est-il constitué de matière plutôt que d’antimatière ? Puisque seuls quelques pour cent de la masse de l’Univers sont observables, de quoi est constituée la masse manquante, appelée aussi matière noire ?
Toutes ces questions sont liées entre elles et peuvent être associées à la question de l’origine des masses des particules, que ce soient les particules de matière ou les particules messagères. Pourquoi la plupart ont-elles une masse ? Pourquoi ont-elles des masses différentes ?
Dans le cadre du Modèle standard, l’hypothèse actuelle expliquant pourquoi les particules ont une masse est le phénomène de Higgs, du nom du physicien écossais qui le proposa. Selon cette théorie, un champ, dit de Higgs, inonde tout l’espace. Les particules qui interagissent avec ce champ acquièrent une masse, déterminée par l’intensité de leur interaction avec ce champ. Or, aucune particule de Higgs n’a encore jamais été observée. La mise en évidence d’une particule de Higgs (de un ou plusieurs bosons de Higgs) est un défi expérimental et une épreuve de vérité pour le Modèle standard.
Les recherches effectuées au LEP ont montré que la masse du boson de Higgs standard est supérieure à 114 GeV. En fait, les toutes dernières mesures ont donné des indications en faveur de l’existence d’un boson de Higgs juste au-delà de cette limite, à 115 GeV, mais sans pouvoir conclure de façon définitive. Le LHC sera capable d’explorer un large domaine de masses pour le Higgs, donc de confirmer ou infirmer les signes trouvés au LEP et d’aller bien au-delà. L’accélérateur Tevatron aux USA (collisions proton-antiproton à 2 TeV(2)) actuellement en fonctionnement serait à même, à partir de 2008 ou 2009, d’explorer un petit domaine juste au-delà de la limite du LEP et donc de confirmer le signal s’il est réel. La compétition avec le LHC sur ce sujet est donc d’ores et déjà engagée !
Les physiciens voudraient pouvoir démontrer que les 4 interactions (gravitationnelle, électromagnétique, forte et faible) sont en fait des expressions différentes d’une force unique, celle qui était à l’œuvre aux premiers instants de l’Univers. Au moment du big-bang, le monde pouvait être décrit avec des lois parfaitement symétriques. Quand l’Univers s’est refroidi, plusieurs brisures de symétrie se seraient produites et les 4 forces se seraient alors différenciées : leurs effets sur les particules devenant très différents à courte et longue distance, de même que les masses de leurs messagers.
Les physiciens des particules cherchent à mettre en place un cadre théorique unique pour décrire cette grande unification. Le Modèle standard a déjà permis d’unifier les forces faible et électromagnétique en montrant qu’au-delà de 1015 degrés elles n’en formaient plus qu’une, la force électrofaible. Les messagers de la force faible (W+, W- et Z0) acquièrent une masse en interagissant avec le champ de Higgs, mais pas le photon, ni les gluons.
Pour des raisons théoriques très profondes, la plupart des physiciens s’accorde à penser que l’unification des forces fait intervenir une nouvelle symétrie fondamentale encore jamais observée : la supersymétrie, qui relierait fermions et bosons. Ce type de théorie prédit l’existence de nombreuses nouvelles particules, partenaires supersymétriques des particules standards. Ces nouvelles particules auraient des masses de quelques centaines de GeV. Le LHC sera l’outil idéal pour découvrir ces nouvelles particules et comprendre leurs interactions.
Les théoriciens ne manquent pas d’imagination pour compléter et dépasser le Modèle standard. Si la supersymétrie reste la théorie favorite, d’autres possibilités sont évoquées, dont certaines pourraient avoir des manifestations spectaculaires au LHC. Une des plus fascinantes est la présence de dimensions supplémentaires d’espace-temps, atteignables à l’énergie du LHC. On verrait ainsi certaines particules produites lors d’une collision disparaître dans des dimensions supplémentaires de l’espace ! Encore plus exotiques, certains modèles évoquent la production de micro-trous noirs dans les collisions. Leur durée de vie serait extrêmement brève, après quoi ils s’évaporeraient dans une grande production de particules…
(1) Le spin est une propriété quantique
interne des particules que l’on peut comparer, dans une première
approximation, à une toupie tournant sur elle-même.
Ainsi le spin d’un électron peut prendre deux valeurs
+1/2 ou -1/2 selon que l’électron tourne dans un sens
ou dans l’autre.
(2) 1 TeV ou teraélectronvolt = 1 million de millions
d’électronvolts
; 1 GeV ou gigaélectronvolt = 1 milliard d’électronvolts
; 1 MeV ou megaélectronvolt = 1 million d’électronvolts.
L’électronvolt est l’énergie nécessaire à un électron pour franchir une différence de potentiel de 1 volt.