Dossiers de presse
Paris, le 8 octobre 2004
Mise à jour : 22 mars 2007
La participation française aux expériences
du Cern
Le
communiqué
de presse

Construit dans le même tunnel souterrain
que le LEP, le LHC (Large hadron collider) est un collisionneur
de protons, de 27 kilomètres de circonférence. Sept
fois plus puissant que l’accélérateur proton
antiproton de Fermilab aux USA, il permettra d’atteindre
des énergies de 14 TeV. Le LHC sera alors le plus puissant
collisionneur du monde.
Son objectif est de répondre aux questions que pose le
Modèle standard et de tenter de découvrir le cadre
plus général dans lequel il s’inscrit. De nombreuses
propositions théoriques seront ainsi mises à l’épreuve.
Notamment :
– le LHC devrait apporter une réponse à l’existence
d’un ou de plusieurs bosons de Higgs ;
– il sera aussi en mesure de "traquer” les particules
supersymétriques, jamais observées à ce jour,
et ainsi de tester le cadre théorique de la grande unification
des forces ;
– il devrait aussi aider à résoudre l’énigme de la matière noire et peut-être même celle de l’énergie noire.
Le LHC est constitué du collisionneur et de 4 détecteurs,
Atlas, CMS, LHCb et Alice :
– le collisionneur permet de faire entrer les protons en collisions à haute énergie,
ces collisions générant des centaines de particules
;
– les détecteurs analysent les particules ainsi générées
pour sonder les interactions entre les particules.
L’accélérateur
Le LHC étant construit dans un tunnel préexistant,
l’énergie maximale des faisceaux est déterminée
par l’intensité du champ magnétique que l’on
peut fournir pour maintenir ces faisceaux sur leur trajectoire
circulaire. Les aimants supraconducteurs du LHC produisent un champ
magnétique exceptionnellement élevé, ce qui
en fait les éléments les plus complexes de la machine.
La supraconductivité de haute performance nécessite
de refroidir la totalité des 27 kilomètres de l’anneau à des
températures de 1,8 K (-271,2°C),
ce qui fait du LHC la plus grande installation supraconductrice
et cryogénique
du monde.
Aujourd’hui, les 1624 aimants principaux ont été livrés au Cern. A la fin 2006, 80% environ des aimants étaient déjà installés en souterrain. Un secteur complet de la machine se prépare actuellement à sa mise au froid pour atteindre sa température d’exploitation. On prévoit de descendre le dernier aimant en souterrain à la fin mars 2007. La mise en service de l’accélérateur est prévue pour novembre 2007.
Les détecteurs
Les deux détecteurs Atlas et CMS permettront de déterminer
et caractériser les produits des collisions entre protons.
Ils sont destinés à la recherche de premier plan
du Cern, déterminer l’existence de un ou de plusieurs
bosons de Higgs, "traquer" les particules supersymétriques… Ils
seront capables de traiter autant d’informations que tout
le réseau de télécommunication européen
actuel.
Deux autres détecteurs destinés à des études
particulières, Alice et LHCb, seront aussi installés.
L’expérience Alice doit pouvoir mettre en évidence
et étudier un état particulier de la matière,
le plasma quark-gluon, un état où quarks et gluons
n’étaient pas encore “emprisonnés”.
En traquant spécifiquement les mésons B (particules
composées d’un quark b et d’un antiquark), l’expérience
LHCb s’intéressera à l’antimatière,
l’objectif étant de mieux comprendre pourquoi l’Univers
est constitué de matière plutôt que d’antimatière.
La participation française au LHC
La France est fortement engagée dans le projet du LHC.
Dans le cadre de sa “contribution exceptionnelle”,
elle finance 16,33 % du LHC. 210 physiciens et 230 ingénieurs
et techniciens de l’IN2P3 et du Dapnia participent au projet
LHC. La majorité d’entre eux (400) travaillent sur
les expériences Alice, Atlas, CMS et LHCb, les autres sur
le collisionneur. Ils participeront ensuite à la réalisation
des expériences et à l’acquisition et l’interprétation
des données.
Des ingénieurs et techniciens de l'IN2P3 et du CEA ont contribué à la conception des aimants supraconducteurs et d’une partie du système cryogénique de l’accélérateur en cours d’installation. L'IN2P3 a également étudié et étalonné plus de 6 000 thermomètres pour mesurer et contrôler tous les éléments supraconducteurs du LHC. Le service des basses températures du CEA a participé à la conception du sous-ensemble cryogénique nécessaire au maintien de l’ensemble de l’accélérateur à des températures proches du zéro absolu.
Les physiciens du Dapnia et de l’IN2P3 ont été impliqués
dans la conception des expériences dès leur origine, à partir
des exigences de la physique. Des éléments clé de
ces grands détecteurs portent la marque de cette contribution,
qui s’est appuyée sur un fort potentiel technique,
d’ingénierie et de réalisation.
La participation française aux 4 expériences et à la
grille de calcul est détaillée dans les 5 fiches
suivantes.