Physique des particules
Le domaine de la physique des particules rassemble
les recherches expérimentales visant à faire progresser
la connaissance des quarks (les composants des protons et des neutrons),
des leptons (tel l’électron gravitant autour du noyau
atomique) et de leurs interactions mutuelles. Ces particules sont
considérées actuellement comme les constituants les
plus élémentaires de la matière.
Le Modèle standard
Les avancées parallèles et couplées des observations
expérimentales et des progrès théoriques enregistrés
depuis les années 60 ont permis l’élaboration
de ce qui est appelé le Modèle standard (voir l’introduction).
Bien que ce modèle donne une description très satisfaisante
des phénomènes observés dans les expériences,
c'est toutefois une théorie incomplète :
-
elle
ne peut expliquer le pourquoi de l'existence de trois familles ;
-
elle
ne permet pas de prédire les valeurs observées
des masses des particules ;
-
elle ne rend compte que de trois
de ces quatre interactions fondamentales à l’œuvre
dans l’Univers : la gravitation en est en effet exclue ;
en revanche, elle a déjà permis d’unifier les
interactions électromagnétique et faible en une interaction
unique dite électrofaible.
Même s’il n’a jamais été démenti
par l’expérience, on sait donc que le Modèle
standard n’est pas la théorie ultime. Plusieurs grandes
questions se posent, auxquelles il ne peut répondre dans
sa forme actuelle :
Pourquoi les particules ont-elles une masse
et pourquoi ont-elles des masses si différentes ?
Une
nouvelle particule, le boson de Higgs, recherchée dans
le cadre du Modèle standard, pourrait expliquer l’origine
des masses et permettre de comprendre leurs différences.
- Comment
aller vers une plus grande unification des interactions qui inclurait
l’interaction électrofaible et l’interaction
forte, et même la gravité ?
Les physiciens pensent
en effet que les quatre interactions fondamentales ne seraient
que des aspects différents d’une interaction
unique. Le concept d’un nouveau monde, faisant intervenir
une nouvelle symétrie fondamentale non encore observée,
la supersymétrie, qui relierait fermions et bosons, semble
très prometteur. Cette théorie est la plus partagée,
mais il en existe d’autres dont l’une des plus fascinante
prédit que cette unification pourrait déboucher sur
la découverte spectaculaire d’un Univers à plus
de quatre dimensions, les dimensions supplémentaires étant
enroulées sur elles-mêmes !
L’étude
des violations de symétrie permettra
peut-être de résoudre ce mystère.
Ce sont ces
grandes questions qui sous-tendent une grande partie des expériences actuelles et futures auprès
des grands accélérateurs de particules mondiaux.
Au-delà du Modèle standard
Au Cern
Pendant plus de quinze ans et jusqu’à octobre
2000, les expériences ont été faites auprès
du LEP, le grand accélérateur électron-positon
du Cern. Après avoir fonctionné de 1989 à 1995 à une énergie
de 100 GeV, son énergie a progressivement augmenté jusqu’à atteindre
plus de 200 GeV la dernière année. Les physiciens
de l’IN2P3 ont travaillé dans trois des quatre expériences
(Aleph, Delphi et L3). Les mesures de précision extrêmement
fines n’ont pas permis de mettre en défaut le Modèle
standard. En revanche, les derniers résultats semblent mettre
en évidence l’existence d’un boson de Higgs
aux environs de 115 GeV.
Ces
recherches seront poursuivies auprès du LHC, le grand collisionneur
proton-proton qui permettra de gagner un ordre de grandeur en énergie
et avec lequel les espoirs sont très grands d’accumuler
des connaissances sur ce fameux boson de Higgs et sur les particules
supersymétriques. Deux grandes expériences, Atlas
et CMS, seront consacrées à cette physique.
À Fermilab
L’accélérateur le plus puissant après le LHC est
le Tevatron, un collisionneur proton-antiproton situé à Fermilab
près de Chicago, aux États-Unis. Les physiciens de
l’IN2P3 sont impliqués dans l’une des expériences,
D0, dont les problématiques sont les mêmes que celles
d’Atlas et CMS, mais étudiées à une énergie
intermédiaire entre celles du LEP et du LHC.
À Desy
Au laboratoire Desy (Deutsch elektron synchrotron) à Hambourg,
le collisionneur positon-proton Hera fonctionne depuis 1992, l’expérience
H1, à laquelle les laboratoires de l’IN2P3 participe,
se consacre principalement à la recherche de phénomènes
rares attendus dans plusieurs extensions du Modèle standard,
grâce à l’augmentation significative des performances
de Hera réalisée en 2001.
Violations de symétries et asymétrie matière-antimatière
À chaque particule peut être associée son
image dans un miroir (symétrie de parité P) et son
antiparticule, de charge électrique opposée (conjugaison
de charge C). Depuis plus de quarante ans, on observe la violation
de symétrie CP (produit de ces deux symétries), signe
d’une différence subtile entre une particule et son
antiparticule, sans avoir encore réussi à l’expliquer.
Cette violation a une importance considérable, non seulement
en physique des particules mais aussi en astrophysique : elle
permettrait d’expliquer pourquoi nous vivons dans un monde
de matière alors que l’Univers primordial contenait
autant d’antimatière que de matière.
Les physiciens de l’IN2P3 participent actuellement à deux
expériences sur ce thème :
-
À Slac (Stanford linear accelerator center)
en Californie où l’expérience Babar mesure
l’asymétrie
CP dans le système des mésons beaux (particules composées
d’un quark et d’un antiquark dont l’un est une
particule de beauté).
-
Au Cern, à partir de 2007, un
détecteur appelé LHCb
sera dédié à la physique des mésons
beaux auprès du LHC.
