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Conclusions du conseil scientifique des 20 et 21 mars 2006

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Membres présents :
Yorick Blumenfeld, Jean-Claude Brient, Christian Cavata, Jacques Chauveau, Bernard Degrange, Mark Huyse, Lydia Iconomidou-Fayard, Elyette Jegham, Jean-Loup Puget, Olivier Pène, Daniel Treille

Membres excusés :
Fanny Rejmund, Daniel Froidevaux, Eric Aubourg, Hugues Delagrange, Marco Napolitano

Assistaient à la session fermée :
Michel Spiro, Sydney Galès, Stavros Katsanevas, François Le Diberder, Eric Suraud, Philippe Lavocat, Barbara Erazmus, Pascal Dargent, Jacques Giner

Étaient invités comme rapporteurs :
Leslie Camilleri, Fabrice Piquemal, Gautier Hamel, Andre Rubbia et les orateurs de la session ouverte pour le sujet correspondant.

Secrétaire scientifique :
Jacques Chauveau

 

Session ouverte, 20 mars 2006

 

Présentations sur les sujets suivants :

  • Double CHOOZ : orateurs M.Fallot, H. de Kerret, T.Lasserre
  • LHCb : orateur P.Perret
  • ANTARES, KM3Net : orateurs J.Carr, P.Coyle

Les exposés sont disponibles sur le site EDMS (en cas de difficulté d’accès, vous pouvez vous adresser à Annick Guillotau)

 

Informations de la direction

M.Spiro a rappelé les trois chantiers de la réforme du CNRS :

1/ Déconcentration de l’administration (paie,…), concernant 20 personnes à l’IN2P3 (et les ITA des labos de province) et transfert de responsabilités vers les délégations régionales.

2/ Mise en place d’outils de suivis de projets plus professionnels :

  • Division Stratégique avec les DAS qui sont confirmés dans leurs rôles : quarks et leptons (F.Le Diberder), astroparticules et neutrinos (S.Katsanevas), physique nucléaire (S.Galès), accélérateurs et instrumentation (Ph.Lavocat), interdisciplinaire (E.Suraud).
  • création d’une division opérationnelle, la Division des Projets, comprenant une cellule d’allocation des moyens (coût consolidé), une cellule partenariats, une cellule de revue et suivi des projets, une cellule en charge des indicateurs (tableau de bord).

Les activités seront conformes aux études de prospective. Il sera important d’articuler les revues de projet et les examens du Conseil Scientifique.

3/ Interdisciplinarité : un 2e cercle de labos hors IN2P3 existe au CNRS dans le MIPPU. Il est indispensable de développer l’interdisciplinarité en procédant dans les 2 sens (IN2P3<=>MIPPU).

Michel Spiro a donné la liste des projets IN2P3–MIPPU en cours :

  • liaison théorie–expériences (nouveau à l’IN2P3)
  • QCD sur réseau
  • matériaux et nanosciences (matériaux sous irradiation)
  • FEL, accélération par laser (nouveaux lasers pour matériaux et nanosciences)
  • les e-sciences
  • l’Univers

La Direction a le souci de rationaliser (subsidiariser ?)

  • l’évaluation (en commun avec MIPPU, etc)
  • la prospective (IN2P3/MIPPU, à étendre)
  • les EAOM (entretiens annuels objectifs-moyens).

M.Spiro a présenté un schéma. Une instance, autre que le CS IN2P3, est nécessaire : le CS PNPP pour la partie interdisciplinaire et qui assurera la validation des choix dans le cadre MIPPU. Il faudra articuler le rôle des Conseils Scientifiques de Département.
Ce schéma reste à consolider. Un Conseil de Direction aura lieu début mai avec le Ministère et le CEA. 2006 sera une année clef, car la mise en place fera jurisprudence.

 

Session fermée, 20 mars et 21 mars 2006

 

 

1. État succinct des projets de l’IN2P3

  • Intervention de Michel Spiro

M.Spiro dresse un panorama des projets et de leur évolution: nucléaire, calcul sur réseau, ELI (MS), etc

Énergie nucléaire :
l’année 2006 vient 15 ans après la loi de 1991. Le programme démarré en 1996 se termine. Un PACE nouveau démarre après 2006 sur des actions plus concrètes :

  • observatoire avec INSU sur le site de Haute-Marne (mesures sur site, capteurs durables).
  • études des sels fondus et de leurs diverses fonctions potentielles, comme le transport et stockage de chaleur.
  • études des matériaux sous irradiation. Voir JANNUS.
    Analyse, par microscopie, des défauts créés (CSNSM). Intéressant pour les réacteurs futurs ou la fusion.
  • collaboration avec Sciences Humaines et Sociales pour analyses bénéfice/risques concernant le nucléaire.
  • réacteurs hybrides
  • filière au thorium : à examiner à un prochain CS.

ELI (MIPPU + Ingénierie) : avec Berkeley et Stanford. Utilisation de lasers de puissance pour accélérer des particules de haute énergie. Vers des impulsions attoseconde. Émission d’électrons au GeV. L’émitance est correcte, mais pas le taux de répétition. Les leaders sont Palaiseau, Orsay et Saclay (Lab. d’Optique Appliquée + X , + LAL). Ce gros projet est soumis à ESFRI et au TGE (IN2P3 en appoint seulement). Le porteur est G.Mourou (et H.Videau)

QCD sur réseau : l’ANR a financé une machine APEnext (450kE) en collaboration avec Rome. L’IN2P3 a accès au calcul, désormais européen. Mais l’IN2P3 avec MIPPU plaide pour l’acquisition d’une autre machine.

Accélérateurs (sujet pour le CS de juillet) :
outre LHC et SPIRAL2, plusieurs autres voies :

  • Upgrade du LHC (remplacement du PS, maillon faible de la chaine ?)
  • ILC, engineering study, vers le TDR
  • CLIC
  • Faisceaux intenses de neutrinos (SPL)

Le CERN coordonne ces activités. Après le symposium d’Orsay et le meeting de Zeuthen en mai, le Strategy Group produira une roadmap en juillet.

SN et énergie noire. Deux voies :

  • SN se joignant à DUNE sur le "weak lensing", voie européenne.
  • participation à SNAP/JDEM avec USA. Le sujet est délicat. La situation sera éclaircie en fin d’année.

JL Puget note qu’un projet anglais ESO/ESA pour un Survey Sloan est également à prendre en compte.

  • Intervention de Stavros Katsanevas

ASPERA : négociations finies avec UE. 17 partenaires dans 14 pays. Signatures vers mai. Début en juin. Objectif : le statut des Astroparticules en Europe. Continuer le roadmap d’APPEC en détail avec définition des étapes. Définir les formes d’organisations institutionnelles communes. Appels d’offre communs, auxquelles l’UE pourrait contribuer jusqu'à 30%.

M.Spiro remarque que c’est un ERANET dont l’IN2P3 est moteur. Il existe en fait deux points de vue avec objectifs distincts :

  • la physique des particules en regardant le ciel, part de la roadmap du Conseil du CERN.
  • l’astrophysique avec des détecteurs de physique des particules.

ASPERA fera le pont entre les deux roadmaps.

S.Katsanevas mentionne que la roadmap d’APPEC est en cours, pour réponse rapide, avec 3 options de tête : le KM3 sous-marin, un grand téléscope Cherenkov, une Antenne d’ondes gravitationnelles. Les « design studies » dans le 7e PCRD sont peu financées (<3ME). Mais en mars 2007 appel d’offre pour construire une grande inrastructure.

 

2. Fonctions de la Division des Projets

  • Organisation (P. Dargent)

P.Dargent rappelle les 4 pôles de la structure de la Division : 1/ Suivi de projets et Qualité, 2/ Allocation de Moyens, Réseaux, Formation, 3/ Relations internationales et Valorisation, 4/ Système d’Information IN2P3. Il décrit l’état du logiciel ISIS (IN2P3 Système d’Information Synoptique).
Il est noté, en référence à un exercice concernant le projet Eurisol, que des progrès sont à faire dans la procédure pour préparer les rapports annuels des projets européens. M.Spiro remarque que l’on s’appuie sur des outils existant dans les labos. Le souci est d’aller vers la transparence entre Direction, CS, laboratoires.
L’organisation sera testée à la journée des projets.
A la question de savoir si l’IN2P3 possède la maîtrise des carrières correspondantes, il est répondu que cela va pour 2006, mais devra être pérennisé.

  • Revues de projet (J. Giner)

J.Giner en a rappelé la définition, aide à la décision et non audit, et les objectifs, essentiellement de contribuer au bon déroulement des projets. Il existe actuellement un cadre de revue conjointe avec le DAPNIA dont la procédure est validée. Ont été déjà réalisées les revues d’ALICE, SPIRAL2, ANTARES, HESS, JANNUS. L’équipe est encore réduite à J.Giner et à un réseau d’experts.
J.Giner a présenté des réflexions concernant les revues où l’IN2P3 est seul acteur. Il en a décrit la typologie et le déroulement-type. Il a donné un exemple de planning et souligné les rôles respectifs du décideur, du Groupe Projet, du Groupe Revue et de la CESPI. On peut citer pour JANNUS les revues aux niveaux Avant-Projet, Sommaire et Définitif et Projet, et, en interne, celles de SNAP PDR et de l’avancement des V0 / GMS d’ALICE.
M.Spiro a souligné le bon exemple de collaboration entre G.Hamel et J.Giner pour la revue de LHCb.

 

3. SPIRAL2 ET AGATA (S. Galès)

  • SPIRAL2

L’objectif est l’accélération d’ions radioactifs, produits de fission, transfert et fusion. SPIRAL2 changera les ordres de grandeur des intensités de faisceaux radioactifs de 104 à 1010 ions/s, soit de l’ordre du nanoampère. Les questions de sécurité sont primordiales. On envisage 3 à 4 faisceaux simultanés.
SPIRAL2 sera construit par une grande collaboration internationale. La France se regroupe en SPIRAL2-France. Des MOUs sont en négociation avec 7 partenaires de l’UE.
Le 1er faisceau est prévu pour 2011.
Sur les 130 ME du projet, l’investissement sera de 95 ME : 1/3 TGE au CNRS, 1/3 CEA, 1/3 département/région.
En plus des équipements actuels, il y aura beaucoup à construire. L’Avant Projet Détaillé est terminé (janvier 06).
A noter un APS incomplet en ce qui concerne la sureté de l’installation.
SPIRAL2 est reconnu avec FAIR par le comité européen ESFRI préparant les TGI du 7e PCRD.
La décision de construction remonte à mai 05. Les responsables ont été nommés à partir de juillet 2005 : S.Galès, directeur du GANIL, M.Jacquemet, directeur adjoint et chef de projet SPIRAL2, P.Chomaz, adjoint du directeur du GANIL en charge de la physique, M.Lewitowicz, direction scientifique du projet SPIRAL2. Le Design Report est attendu mi-2006 (avec Thalès). Les Work Packages sont définis.
L’organisation du projet est définie : décideurs, pilote stratégique (comités de pilotage et d’évaluation), pilote opérationnel (direction de projet), 3 sections (accélérateur, faisceaux, infrastructure). Les responsables des équipes ont été nommés.
L’organisation est en cours de consolidation. 45 participants des labos et services ont participé à la formation interne.
La partie sureté de l’installation est globalement définie avec l’existence des trois niveaux sureté : zones rouge "cible de production", entièrement robotisée,
jaune, "transport vers les salles de physique", et verte, "halls d’expériences", selon le niveau d’irradiation.
Une grande collaboration existe avec NUSTAR. Cinq ateliers, dont un sur l’astrophysique nucléaire (octobre 2005), ont été tenus à GANIL . Le but est d’arriver à des LOI avant l’été 2006 et un appel de "proposals" au printemps 2007.
Les collaborations internationales se mettent en place (cela sera présenté au prochain CS). 3 MOU sont signés : Dubna, Roumanie, Legnaro, laboratoire européen associé et un LIA avec RIKEN au Japon.
Les lots de tâches des sections ont été ou vont être attribués. Des exemples de découpages en lots (déliverables) sont présentés. La construction a commencé.
Un prototype de RFQ est en test à Grenoble, impliqué également dans les coupleurs RF. Des cavités à 11 MV/m (proto de 1ère série) sont en test.
Des photos du début de la construction ont été montrées.

Dans la discussion, Michel Spiro souligne l’importance de la sûreté. L’approche sera phasée. La validation se fera à faible puissance (50-75 kW avec comme objectif 200 kW).
C.Cavata demande ce que sera l’exploitation des neutrons. ~1015 n de ~14 MeV seraient disponibles. Une nouvelle collaboration non prévue initialement est envisagée. Mais il n’y a pas encore de budget.

  • AGATA

Il s’agit du Démonstrateur avec 5 clusters de Ge qui doit être opérationnel en 08.
Le financement est de 4,377 ME h.t., assuré par France, Allemagne, Italie, UK, plus Turquie, Suède.
Le DAPNIA remplace Cologne en partie. Grenoble est entré début 06.
On envisage le commissioning du Démonstrateur en 07 et son 1er run en 08 à Legnaro, puis le 2e run en 09 au GANIL et le 3e à GSI en 2010.
Le détecteur complet ne serait pas prêt avant 2013. Son coût est de 40 à 50 ME. A la fin de la période de démonstration un appel sera lancé en Europe.

 

4. ANR (M. Spiro)

Le cadrage général est une "séparation des variables" entre IN2P3 et ANR.
L’ANR représente 4 Meuros pour le R&D amont et l’interdisciplinaire.
L’objectif se différencie de celui de l’IN2P3 qui s’occupe des grands projets pluriannuels.
En 2005, ont été soutenus par exemple : un détecteur itinérant en physique nucléaire, Codalema, un projet interdisciplinaire sur des photodétecteurs, Granite.
A une question il est répondu que le centre de conférences et l’accueil de postdocs est à envisager. CREDO, QCD sur réseau sont également mentionnés comme possibilités. Il serait bon d’avaliser les projets ANR par le CS.

 

5. Expérience LHCb (rapporteurs : Jacques Giner, Gautier Hamel)

L’expérience LHCb progresse de façon très satisfaisante.
Le CS apprécie le volume et la qualité des contributions françaises à la réalisation de son hardware, de son software et à la préparation de son exploitation. La représentativité et la visibilité des équipes de l’IN2P3 sont bien assurées, tant sur le plan institutionnel que sur celui de la physique. Des Français détiennent des rôles majeurs dans des secteurs-clé comme le trigger, l’intégration et le commissioning. On n’a pas identifié de risques techniques pour les contributions françaises. Le CS salue également la gestion rigoureuse qui a su maintenir le budget IN2P3 dans les limites prévues. Le calcul est bien mené, avec une bonne participation française, et ne pose pas de problème.
Depuis le CS précédent, LHCb a subi une "cure d’amaigrissement" considérable, ayant eu des effets bénéfiques sur certaines performances, à coût à peu près constant et sans entraîner par ailleurs de dégradation du potentiel de physique.
LHCb est entré dans la phase d’installation, en particulier concernant les éléments fournis par la France. Cela implique un budget de missions considérable, qui doit s’inscrire dans la durée, avec peut-être des problèmes d’hébergement au CERN. On peut craindre d’autre part un manque de physiciens lors la prise de données.
Les sujets majeurs de la physique de la beauté sont bien couverts par les physiciens français et promettent une physique de qualité, en particulier dans le secteur du Bs. De plus on constate à présent une prospective en physique, de la beauté et autre, en particulier pour répondre à la compétition actuelle (Usines à Beauté, Tevatron) et à celle que représenteront, dans une certaine mesure, les expériences généralistes ATLAS et CMS. On pourrait souhaiter toutefois plus de cohérence au niveau français, et, concernant la physique, l’organisation de réunions régulières de LHCb–France, éventuellement en commun avec BABAR. Comme pour les autres expériences en préparation, le CS encourage LHCb à tirer le meilleur parti possible des compétences acquises dans celles qui fonctionnent actuellement, en promouvant des analyses communes et en accueillant de nouveaux participants venus de ces secteurs.
L’extraction de la physique de la beauté de LHCb nécessite l’apport de calculs sur réseau. Le CS recommande aux membres de LHCb de participer à l’activité française dans ce domaine.
Quelques problèmes, externes à l’expérience (QRL) ou concernant des composantes ne relevant pas de l’IN2P3, donnent à LHCb un planning très tendu, du moins dans le cadre des prévisions actuelles concernant le LHC. LHCb, quoique bien plus simple et de bonne facilité d’accès que les grandes, reste une expérience difficile, en particulier à cause des flux très élevés.
Une de ses forces est d’être nominale dès une luminosité de 1032 cm–2 s–1. Le CS recommande à l’expérience et à la direction une bonne vigilance quant à la stratégie à adopter lors des premiers temps du LHC, en maintenant l’idée d’une priorité aux grosses expériences, mais sans défavoriser abusivement LHCb si l’expérience peut tirer pleinement parti de la luminosité temporairement basse des premières périodes de fonctionnement de la machine.
Le CS recommande de tenir compte d’un budget M/O qui peut se révéler substantiel, si on y inclut des éléments qui ont toute chance de devoir être remplacés au cours de la vie de l’expérience.

 

6. Expérience ANTARES, R&D KM3Net (rapporteur : André Rubbia, exposé de B. Degrange sur l’apport des résultats de HESS)

Le CS félicite ANTARES pour le succès de la pose récente de la première ligne, qui représente un milestone fondamental et vient après celui du MILOM de mars 05 et ses bons résultats. Il semble que beaucoup de questions en suspens (câble, etc) soient maîtrisées, et l’appareillage devrait permettre d’atteindre les performances annoncées, en particulier concernant la résolution angulaire. Les publications sont attendues. ANTARES devrait donc prendre le pas sur la compétition en Méditerranée. Le contrôle de qualité a été renforcé, la redondance des procédures augmentée. La préparation de la physique est bien menée.
Cependant, dû à la difficulté de l’entreprise, le glissement du planning par rapport aux prévisions (voir CS de 1999 et de 2004) est considérable. L’opération en mer reste largement une inconnue : l’IFREMER est un fort atout, mais un "prestataire unique". Le déploiement des 12 lignes est maintenant prévu pour 2006-2007. Le CS souhaite que cela se fasse dans les temps prévus, mais avec tous les contrôles requis, afin d’en garantir le succès technique. On peut donc s’attendre fin 2008 à une bonne maîtrise de l’instrument, par exemple concernant le contrôle de la géométrie, le volume effectif, le seuil en énergie, l’influence de la bioluminescence, le temps actif réel et la tenue à long terme sur plusieurs années. Des résultats de la qualité de ceux d’AMANDA actuellement devraient être obtenus à ce moment là.
Le CS souhaite que l’IN2P3 aide l’expérience à surmonter les difficultés restantes, comme la limitation du débit de la ligne la Seyne-CPPM, et lui assure les ressources requises en calcul et stockage, ainsi que le budget nécessaire.
Le CS désire être informé régulièrement des développements, en particulier sur le déploiement des lignes manquantes (2 à 12) et espère qu’en 2009 ANTARES aura apporté la démonstration de la viabilité de la technique et de la qualité de son potentiel de physique.
Il espère aussi que l’ouverture pluridisciplinaire de l’entreprise (INSU) va encore progresser et souhaite en avoir des démonstrations concrètes.

Le KM3 extensible est une opération de très grande ampleur et qui doit être traitée comme telle. Elle passe par :

1/ la démonstration de la viabilité d’une technique à définir, inspirée des démonstrateurs actuels, mais modifiée concernant le déploiement et de manière à maintenir le coût de l’ensemble à un total envisageable de 200M d’euros, au lieu des 500 obtenus par extrapolation.

2/ l’évaluation par des simulations réalistes de ses performances réelles en terme de volume effectif.

3/ la conviction qu’il existe de bonnes raisons scientifiques d’entreprendre un tel projet, tout en reconnaissant qu’il s’agit d’une physique exploratoire.

Dans le Design Study de KM3Net, le choix des "work packages" français semble judicieux (postdocs). Le CS souhaite rester informé de la façon dont la collaboration entre les trois groupes de proposants va se développer.

Il est facile d’illustrer la spécificité de la sonde neutrino et on peut établir un catalogue alléchant de scénarios possibles conduisant à l’observation de signaux dans un km3. Cependant AMANDA n’a toujours pas signalé de source de neutrinos autre qu’atmosphérique. D’autre part tous les scénarios font appel à des hypothèses non encore démontrées et beaucoup seront, d’ici là, soumis à des tests supplémentaires. Le LHC dira si SUSY et la gravité au TeV sont des réalités. HESS, MAGIC et GLAST apporteront leurs nouveaux lots de données qui permettront de préciser les corrélations entre photons et neutrinos, comme l’a montré B.Degrange. AUGER clarifiera le statut des UECR. Enfin ICECUBE, prévu pour être finalisé vers 2011, éclaircira encore la situation. On est cependant certain d’être confronté à des flux marginaux et à des tendances contradictoires quant à la maille à adopter. Si, au prix d’un pari que l’on souhaite raisonnable, il est décidé de progresser vers ce détecteur, le CS estime qu’il serait judicieux, plutôt que de se lancer dans une course poursuite avec ICECUBE, d’apprécier et de maximiser la complémentarité scientifique entre les deux détecteurs par un bon choix de structure et de stratégie, ce qui diminuera la raison d’être d’une exploitation simultanée, qui semble de toutes façons difficile à réaliser techniquement, vu le nombre de questions qui restent posées.
Le CS souhaite être associé à cette réflexion par un suivi adéquat, en particulier des objectifs et de la stratégie, et rester informé des apports attendus à d’autres sciences.

 

7. Expérience Double CHOOZ (rapporteurs : Leslie Camilleri, Fabrice Piquemal)

Hors IN2P3, rappelons que Double-Chooz a été recommandé au SPP par le CSTS. Il est en attente au niveau du DAPNIA. L’incertitude financière (entre autres) doit être levée pour approbation au niveau du département.
En mars 04, le CS de l’IN2P3 a examiné le projet au niveau de la Lettre d’Intention et jugé le projet intéressant mais difficile. Des questions ont été posées, concernant la taille de la collaboration et l’échelle de temps, vu la brièveté de la "fenêtre d’opportunité". En décembre 2004, le CS s’inquiétait de la lenteur des négociations avec l’EDF et demandait un rapport au CS suivant. Le Proposal n’arrivant que maintenant, et laissant encore des points d’ombre, il y a incontestablement un glissement dans le temps qu’il est impératif d’arrêter.

La connaissance de l’angle θ13, dont CHOOZ a fourni la meilleure limite, est une des clés de l’avenir de la physique des neutrinos. DC, s’il atteint la sensibilité annoncée, couvrira une plage substantielle avec possibilité de découverte : sin213 = 0.05 à 3 σ et limite à 0.027 à 90% de CL, résultats importants à obtenir aussitôt que possible. DC serait pour cette mesure la première expérience à deux détecteurs à s’affranchir d’une catégorie de systématiques dominantes. La disponibilité du site lointain est bien entendu un grand avantage.

Ses détecteurs, plus gros que celui de CHOOZ, munis d’un buffer supplémentaire, d’un blindage en acier, de radiopureté plus grande et mieux équipés contre les bruits de fond de muons grâce à deux systèmes de veto, profiteront de l’expérience et de l’expertise acquises à CHOOZ, BOREXINO, KAMLAND et pourraient constituer le prototype du détecteur unitaire de la génération suivante.

La stratégie consiste à assurer pour les deux sites un S/B de ~100. Le contrôle et la mesure des bruits de fond, tant accidentels que corrélés (essentiellement neutrons et cosmogéniques liés aux muons) est une tâche de grande ampleur. Les études faites jusqu’ici, quoique méritant d’être approfondies et précisées, ne semblent pas indiquer de "show-stoppers". Souvent existent des procédures en réserve, susceptibles d’améliorer les réjections.

Le contrôle du 9Li dans le détecteur proche fait encore appel à l’existence de périodes à puissance réduite (recharge d’un réacteur). Entre autres questions à suivre, figurent la tenue du scintillateur dopé, sujet en grand progrès depuis CHOOZ, le contrôle de la radiopureté, en particulier du scintillateur, atteignable mais difficilement mesurable, l’effet du champ magnétique et son blindage, problèmes délicats dépendant largement des collaborateurs étrangers. Les résultats à plus long terme du prototype seront importants.

Toutefois on peut noter que des systématiques plus élevées d’un facteur 1.5 ne détérioreraient pas beaucoup la sensibilité.

Par rapport à T2K et autres expériences à base longue, méthodologie et systématiques sont différentes. Les expériences aux réacteurs sont exemptes de corrélations, dégénérescences et dépendance de la hiérarchie de masses et la phase δ de CP. La question est plutôt de savoir si la fenêtre d’opportunité avant une expérience réacteur de la génération suivante (plus massive et avec possibilité de déplacer les détecteurs) est suffisante.

Une condition vitale de réussite est que l’ensemble des forces de la collaboration présentées par DC, en main-d’œuvre, compétences et ressources, soit effectivement et rapidement mobilisé.

Egalement cruciaux sont la définition, le financement et la réalisation du site proche qui doit être opérationnel 1.5 an après l’autre. L’estimation actuelle de 1 à 2 ME doit être confirmée et précisée.

La dynamique des expériences de la génération suivante peut être forte. Il est pourtant raisonnable d’admettre qu’avec leur multi-détecteurs, un génie civil de grande ampleur et un coût élevé, ils ne déboucheront pas aussi vite que DC.

Le CS est convaincu de l’importance du sujet, assuré de l’expertise des protagonistes, raisonnablement satisfait des études prospectives. Il estime qu’il serait très souhaitable de renforcer la collaboration française (APC, SUBATECH,..).

Le CS recommande à l’IN2P3 de soutenir le projet et de tout faire pour l’accélérer si possible. Cependant, vu l’état actuel des incertitudes, il voudrait être tenu informé rapidement de l’évolution des points critiques dont dépend sa réussite, comme le génie civil du détecteur proche et les décisions à venir aux USA et en Allemagne. Il comprendrait que de mauvaises surprises puissent amener la Direction de l’IN2P3 à revoir sa position.

Le CS encourage les mesures de puissance et de spectres à l’ILL, intéressantes quoique leur apport aux systématiques de l’expérience ne soit pas encore quantifié. Il laisse la Direction juger de leur impact en matière de non-prolifération.

 

8. Sujets pour le prochain conseil (3 et 4 juillet)

  • 2 presentations sur T2K (LLR, LPNHE)
  • rapport sur D0
  • bilan de SPIRAL1
  • collaborations internationales SPIRAL2
  • projets de physique à ALTO
  • examen de EDELWEISS (en discussion, peut-être novembre)
  • activités du Pôle Accélérateur (et GDE)
    Alex Muller, P. Lavocat, …
    concernant IPHI, SPIRAL2, FAIR, XFEL, ILC, aval du cycle, éducation et training
  • autres sujets de physique nucléaire

CS de novembre :

  • suivi de la Physique Hadronique
    etc…
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