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Conclusions du conseil scientifique des 3 et 4 juillet 2006

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Membres présents :
Yorick Blumenfeld, Jean-Claude Brient, Christian Cavata, Jacques Chauveau, Fazia Hannachi (remplaçant F.Rejmund), Lydia Iconomidou-Fayard, Elyette Jegham, Marco Napolitano, Olivier Pène, Daniel Treille, Jean Zinn-Justin

Membres excusés :
Fanny Rejmund, Daniel Froidevaux, Eric Aubourg, Hugues Delagrange, Mark Huyse, Jean-Loup Puget

Assistaient à la session fermée :

  • le Directeur de l'Institut Michel Spiro et les Directeurs adjoints scientifiques Sydney Galès, Stavros Katsanevas, François Le Diberder et Eric Suraud, Philippe Lavocat (Directeur adjoint technique), Barbara Erazmus, chargée de mission pour la Physique hadronique et les ions lourds relativistes, Pascal Dargent, responsable de la Division des projets et responsable de la Cespi, et Jacques Giner, membre de la Cespi.
  • les invités comme rapporteurs : Andreas Hoecker et Dominique Duchesneau
  • les invités : Bjorn Jonson et Kurt Hubner
  • les invités à temps partiel : Johann Collot, Henri Videau, Olivier Napoly et Guy Wormser
  • les orateurs de la session ouverte pour le sujet correspondant.

Secrétaire scientifique :
Jacques Chauveau

 

Ordre du jour

Séance ouverte :

  • D0 : orateur E.Kajfasz, rapporteur A.Hoecker
  • T2K : orateurs J.Dumarchez, M.Gonin, D.Autiero, rapporteurs D.Duchesneau et J.Giner
  • Pôle accélérateur : orateurs P.Lavocat (les projets), A.Mueller (le Pôle), M.Jacquement (la machine SPIRAL2)
  • SPIRAL : orateurs Ph. Chomaz (avancées de SPIRAL1), M.Lewitowicz (SPIRAL2, physique et collaborations), B.Blank (DESIR).

Séance fermée :

Examen des sujets de la séance ouverte.
Suivi du calcul sur réseau.

Remarque : D.Treille note le nombre élevé d’absences. Quoique chacune soit parfaitement motivée, il se demande si on ne devrait pas réfléchir à un système de suppléance ou de remplacement pour l’avenir.
Les exposés des orateurs de la session ouverte sont disponibles sur l’EDMS. (A.Guillotau)

 

Relevé de conclusions

 

1. Introduction

M. Spiro a précisé l’articulation entre Conseil Scientifique (CS) et les revues de projet.
Quand une idée émerge dans un labo, elle y est d’abord traitée en mode interne. Si le coût du projet dépasse un certain seuil en coût consolidé (soit main-d’œuvre importante, soit budget important, soit les deux ; ordre de grandeur actuel 100 kEuros, à confirmer), le CS donne un avis d’opportunité. En cas de réponse positive, une revue de projet est lancée et conduit à une analyse détaillée du projet. Suivent des itérations avec le CS. Après convergence et avis du CS, la Direction de l’Institut prend sa décision. En cas d’acceptation, cette date marque le temps initial du projet et les conclusions peuvent alors servir de baseline et de cadre de référence du projet pour les revues de projet ultérieures.

M. Spiro distingue trois modes de déclenchement d’une revue de projet, par :

  • le chef de projet, appelant un examen du CS,
  • le comité de pilotage (responsables de labos),
  • le CS réclamant un suivi.

 

2. Examen de D0

Le CS a entendu l’exposé de E.Kajfasz en séance ouverte sur l’état, les résultats et les objectifs de D0-France, puis le rapport d’A.Hoecker en séance fermée. La question posée portait sur la continuation de ce programme par les groupes de l’IN2P3.
Le CS félicite la collaboration D0-France, l’orateur et le rapporteur pour leur excellent travail.
Le CS apprécie vivement l’ampleur et la qualité de l’implication française dans D0, en particulier concernant les améliorations récentes apportées au détecteur.
Les membres français jouent un rôle déterminant dans la compréhension de l’appareillage, comme la calorimétrie. La diversité de leur expertise est à souligner. La confiance que la collaboration leur accorde se traduit par le nombre élevé de responsabilités importantes, tant dans la physique qu’institutionnelles, qui leur sont confiées.
Le CS apprécie le remarquable taux de publications scientifiques initiées par des acteurs français, ainsi que les nombreuses thèses effectuées ou en cours à D0.
Le calcul est un autre élément-clé de la contribution française au programme. Le CS en félicite les acteurs et recommande évidemment le maintien de ce support informatique et sa montée en puissance d’un facteur 3 d’ici 2009, ce qui semble bien intégré dans les objectifs du CCIN2P3.
Les implications françaises dans l’analyse physique, actuelles et à venir, couvrent bien les sujets majeurs, dans le bon ordre de priorité. On peut déplorer cependant le manque d’activité concernant la physique de l’oscillation du B0s, sujet chaud et déjà bien entamé au LEP. Quant à la recherche du boson de Higgs, les améliorations requises pour la mener à bien, vers une exclusion et a fortiori une éventuelle découverte, sont multiples et certains des chiffres annoncés peuvent être considérés comme optimistes. Le CS souhaite aux acteurs de D0 de s’en approcher au mieux.
La machine marche enfin très bien et les progrès annoncés semblent réalistes.
Le CS souhaite que l’équipe D0-France rentabilise pleinement l’investissement placé dans cette expérience et maximise ses chances de participer à l’extraction de ses résultats et, on l’espère, à une découverte, en contribuant au programme et à son analyse jusqu’au bout.
Cette échéance sera précisée par le P5 et dépendra probablement de la date de démarrage et de la montée en luminosité du LHC.
Le CS demande donc à la direction de l’IN2P3, en liaison avec le DAPNIA, d’assurer à D0, dans les limites du possible, leurs demandes en moyens humains (thèsitifs, mais aussi leur encadrement), en missions (par ex. de l’ordre de deux permanents à FNAL) et en moyens de calcul, déjà évoqués.
En retour, le CS demande fortement à la collaboration d’étudier, de favoriser et de mettre en œuvre toute forme de synergie qui puisse bénéficier au programme LHC.
Leur expérience acquise au Tevatron est précieuse et unique, par exemple en ce qui concerne le marquage des saveurs lourdes. On pense aussi à la confrontation des données du Tevatron et des prédictions QCD des divers générateurs dans des canaux dont une maîtrise parfaite sera la clé du programme de recherche du LHC. Cette synergie, se manifestant par des transferts de personnes du Tevatron au LHC ou par une activité partagée entre les deux programmes, est entamée. Le CS souhaite vivement qu’elle prenne la plus grande ampleur possible.

 

3. Le Pôle accélérateur

Le CS a entendu en séance ouverte l’exposé de Ph.Lavocat décrivant brièvement l’ensemble des activités et projets à suivre par le Pôle et celui de M.Jacquemet focalisé sur le projet et la machine SPIRAL2. D’autre part A.Mueller a donné un rapport d’étape, présentant le Pôle, sa définition et sa mission, son modus operandi et ses actions. Il a également commenté un rapport d’expertise du COMEA (Comité d’experts en accélérateurs, lié au Steering Committee du Pôle) concernant l’ILC.
Le CS accueille en séance fermée les orateurs de la séance ouverte, les invités Bjorn Jonson et Kurt Hubner, et, à temps partiel, G.Wormser et O.Napoly (Pôle et GDE-ILC), J.Collot (implication LPSC dans CNAO) et H.Videau (ELI).
Le CS salue la mise en place du Pôle Accélérateur, aboutissement d’une longue maturation, et en félicite chaleureusement les acteurs, en particulier Ph.Lavocat et A.Mueller.
On rappelle le rapport préliminaire IN2P3/DSM, présenté au CS dès décembre 02, puis en mars 03, par G.Wormser, le rapport de prospective IN2P3/DAPNIA A.Mueller/P.Debu d’octobre 04, les regroupements effectués en 2005, la création du secteur DAST fin 2005. Cette évolution culminera en septembre 2006 par la nomination du DAS Accélérateur (A.Mueller).
Le CS note avec satisfaction que le Pôle est désormais opérationnel, et déjà fortement au travail.
Il en approuve la structure proposée, ainsi que le choix des personnes qui lui a été présenté. L’exposé d’Alex Mueller est cependant présenté comme un rapport d’étape, et le CS souhaite être informé des développements ultérieurs et de la façon dont l’ensemble fonctionne.
Le CS rappelle l’aspect stratégique des accélérateurs dans les domaines scientifiques et dans de multiples applications. Il est satisfait de voir les compétences et activités françaises en ce domaine bien reconnues, comme en témoigne la visite de RECFA de mai 06, ainsi que de la bonne connexion avec l’environnement européen (CERN, ESGARD, NUPECC,..).
Le CS réaffirme son soutien aux grandes options et priorités dégagées au niveau européen, à commencer par le LHC, à la préparation duquel l’IN2P3 apporte son aide, et SPIRAL2 pour la Physique Nucléaire.
Il rappelle que la poursuite de ces projets et R&D requiert un soutien en personnel et en investissements. Ce dernier point en particulier est considéré comme insuffisant à présent. Il encourage la Direction, en synergie avec le DAPNIA, à œuvrer dans le sens de les renforcer.
Il est également impératif de relancer en France une culture en matière d’accélérateurs, et le CS approuve vivement les efforts engagés dans ce but, en matière de parcours universitaires, écoles doctorales, etc.
La plupart des projets pilotés par le Comité Exécutif du Pôle ont déjà été examinés par le CS. Ce n’est pas le cas des projets évoqués dans le rapport du COMEA partiel sur les TGE/TGI du CNRS.
Le CS souhaite, le moment venu, en examiner le contenu scientifique de façon plus approfondie.
Il désire également examiner tout projet émergent, ou, si cela est nécessaire, en concertation avec leur comité de pilotage, revenir sur l’évolution de projets en cours.
Le CS a pris connaissance du rapport du COMEA sur l’ILC présenté en séance ouverte et reflétant l’opinion des membres de ce comité sur divers points concernant les aspects accélérateur du projet. Ce rapport se félicite du choix de la technologie froide et souhaite que soit valorisée l’avance prise par l’Europe depuis 20 ans par ses efforts de R&D. Il juge cependant que cela sera difficile pour des raisons de manque de moyens (limitations budgétaires, manque de disponibilité des équipes et arrêt du TTF à DESY). Reprenant certaines des critiques du MAC (Machine Advisory Committee), il souligne également les risques liés au projet ILC et émet des réserves sur le planning affiché actuellement.
Le CS apprécie fortement le volume et la qualité du travail accompli.
Toutefois le CS souhaite que le COMEA et le Pôle clarifient la fonction et le mode de diffusion de tels rapports, dont on souhaite qu’ils soient nombreux. S’ils sont destinés à être rendus publics, ce que le CS juge souhaitable dans un but de transparence et pour augmenter leur impact, il faut que leur style de rédaction soit adapté à ce statut.
Le CS a également pris connaissance avec beaucoup d’intérêt de l’initiative lancée en vue de créer une European Supraconducting RF Test Facility.
Il approuve l’idée, félicite ses initiateurs, tant en France qu’au CERN, et soutient l’initiative.
Il souhaite que, lorsque les conditions de sa réalisation seront clarifiées, elle soit prise en considération par le Groupe de Stratégie du CERN, et que les partenaires potentiels, EU/ESGARD, Pays Membres et CERN, examinent précisément comment cela peut se concrétiser aussi rapidement que possible.

 

4. CNAO

J.Collot rappelle les difficultés, essentiellement politiques, rencontrées actuellement par le projet de hadronthérapie ETOILE. Un projet semblable, CNAO, est en cours à Pavie. Le LPSC s’y est joint en 2004 (sujets liés à la dynamique de faisceau, aimant d’extraction, etc) et souhaite s’impliquer davantage dans la 2e phase (salle de radiobiologie, gantry isocentrique). Le DAPNIA et le LLR sont également concernés.
Le CS déplore les difficultés rencontrées par le projet ETOILE et espère qu’elles seront surmontées. Vu les circonstances, il apprécie l’initiative concernant CNAO et souhaite que ces projets lui soient présentés en détail le moment venu.

 

5. ELI (Extreme light infrastructure)

H.Videau décrit succinctement le vaste programme ELI, soumis à ESFRI, et les activités du GIS en phase d’organisation. Il précise ce qui concerne l’accélération plasma et mentionne les opérations en cours dans le cadre de l’ANR (LOA/Bruyères-le-Chatel) et dans celui d’EUROLEAP. Le but est de parvenir à des faisceaux d’électrons de quelques GeV utilisables localement comme faisceaux test. Les sujets à plus long terme sont évoqués.
Le LAL, via EUROLEAP et le GIS, et le CNBG, sur les faisceaux d’ions, sont également impliqués dans ELI.
Là aussi le CS apprécie l’engagement et souhaite que ces projets lui soient présentés plus en détail dans une session ultérieure.

Le CS remercie vivement K.Hubner (rapporteur de SPIRAL2 au CS de mars 04) pour sa présence attentive et ses remarques.

 

6. GDE/ILC

Le conseil scientifique a été saisi du projet de structure ILC/GDE-France lors de sa session de novembre 2005. Il avait émis un avis a priori favorable pour cette structure dès lors qu’elle s’inscrirait au sein du Pôle accélérateur. Il souhaitait entendre le responsable du Pôle avant de se prononcer et l’exposé d’Alex Mueller lui a apporté confirmation de ce fait.
Lors de la séance fermée les responsables du ILC/GDE-France, Guy Wormser et Olivier Napoly, ont décrit les activités de cette structure au cours des six derniers mois. Il est nécessaire de défendre la visibilité des équipes françaises, notamment dans le cadre du chiffrage du projet. Les projets techniques (coupleurs, instrumentation) doivent être discutés afin de déterminer leur enveloppe permettant de garantir le maintien ces activités au moins à leur niveau actuel. Il est rappelé que le GDE ne pilote pas un projet de construction mais que son objectif est de rendre réaliste l’avant projet de l’ILC. Dans cette optique, le GDE prépare deux documents essentiels : le RDR (Reference Design Report) pour la fin 2006, et le TDR pour la fin 2008. Il est prévu que ILC/GDE-France prendra une part active à la rédaction du TDR.

 

7. T2K

Comme le CS l’a déjà exprimé (par ex. en mars 06), la mesure de l’angle θ13 est considérée comme la priorité actuelle en physique du neutrino. Expérience réacteur et expérience à longue ligne de base sont authentiquement complémentaires (méthodes et systématiques différentes) et le CS recommande que l’IN2P3 s’engage dans les deux.
Dans ce sens, le CS de mars a recommandé l’engagement de l’IN2P3 dans l’expérience Double-Chooz. La recommandation était toutefois scientifique, impliquait que l’expérience soit menée rapidement, avant la seconde génération de telles entreprises, et laissait bien sûr la Direction libre de son choix en fonction de l’évolution des circonstances, comme l’implication ou non des collaborateurs étrangers. Le choix fait actuellement par la Direction française (IN2P3 et Dapnia) est de poursuivre Double Chooz, en tentant de remédier à la désaffection probable d’équipes américaines, et le CS en prend note.
Le CS a entendu les trois exposés de la séance ouverte sur les intentions des groupes français concernant T2K, et le rapport de D.Duchesneau et J.Giner, qu’il remercie et félicite pour leur analyse fouillée et leur clarté.
T2K et NOVA aux USA ont un certain degré de complémentarité (effets de matière très différents). Cependant la voie japonaise semble actuellement mieux assurée et précisée. Le projet T2K est le premier projet d’expérience neutrino sur un super-faisceau en cours de réalisation. Il est le plus avancé de sa catégorie. La préparation progresse normalement et le complexe JPARC semble être en temps pour délivrer le faisceau en avril 2009. L’expertise accumulée au Japon en matière d’oscillations neutrino est considérable et on y dispose de SK remis à neuf. De plus il existe une expérience de collaboration avec le Japon dans le cadre de K2K.
Le CS soutient donc le choix fait en faveur de T2K.
Quelle que soit la nature des implications envisagées, le cœur de la physique T2K réside dans les données de SK.
Le CS recommande fortement aux groupes français, au delà de leur engagement à court terme, de définir comme un objectif majeur la volonté d’analyser les données de SK (liées à T2K, et si possible atmosphériques), ce qui implique d’y avoir accès et de se donner les moyens de les exploiter. La Direction peut aider, sans doute en concertation européenne, à ce que des accords clairs soient passés à ce sujet.
Le CS regrette vivement que pour diverses raisons, en particulier de chronologie, la communauté française se présente en un tel ordre dispersé.
Le LPNHE souhaite travailler sur le détecteur 280m hors-axe, avec le DAPNIA, déjà engagé, et d’autres groupes internationaux. Son activité se porterait plus particulièrement sur les TPC. Un point délicat et litigieux, qu’il est urgent de clarifier, porte sur les conditions de transfert de l’aimant UA1.
Le LLR souhaite être maître d’œuvre du détecteur 280m sur-axe (INGRID), moniteur de la direction du faisceau, déclaré vital par T2K et devant être installé pour avril 2009. Sa contribution technique serait en mécanique et électronique.
Dans les deux cas, il y a certainement une certaine urgence.
L’IPNL souhaite s’impliquer dans le détecteur à 2km (hors axe, direction HyperKamiokande et non SK) et sur la partie R&D argon liquide de ce détecteur dont la date de mise en service est prévue pour 2011. En attendant, il contribuerait également, de façon limitée, au détecteur 280m sur-axe. Il est important que l’activité sur T2K n’interfère pas avec les engagements de l’IPNL dans OPERA.
Le CS recommande l’entrée de l’IN2P3 dans T2K selon un profil qui tienne compte au mieux des impératifs de temps, mais aussi des ressources de l’Institut attribuées à la physique du neutrino, ce qui implique un certain couplage avec le programme DC. Il est clair que, concernant T2K, la priorité doit être initialement donnée aux détecteurs proches, sans toutefois exclure un certain niveau de R&D sur l’argon liquide.
Le CS souhaite que soient clarifiés certains points de la logique globale de l’expérience et que les rôles respectifs des divers détecteurs soient quantitativement explicités quant à leur impact sur les systématiques de la mesure finale.
D’autre part il est urgent de savoir si une expérience annexe de mesures de flux hadroniques, équivalent pour T2K de ce que HARP fut pour K2K, doit être envisagée, car dans ce cas un effort supplémentaire sera demandé rapidement à certains des protagonistes, comme le montre l’exemple suggéré de NA49 bis. Cette réponse ne devrait pas tarder et devra être communiquée au CS.
Il serait bon également d’expliciter davantage l’impact de la physique neutrino offerte par ces détecteurs, au dela d’une simple métrologie dont la mesure de θ13 ainsi que les mesures précises des paramètres atmosphériques ont besoin.
Enfin il est prématuré de se prononcer sur les étapes suivantes impliquant super-faisceaux et détecteurs mégatonne.
Le CS estime que nombre d’études doivent continuer ou démarrer pour préciser ce que seront exactement les détecteurs proches et leurs performances.
En particulier on aimerait avoir plus d’information sur les systématiques à en attendre. Cela concerne notamment l’extrapolation à SK des résultats du 280 m hors-axe, vu la grande différence de leurs spectres en énergie des neutrinos, différence revendiquée d’autre part pour illustrer l’intérêt du détecteur à 2km.
L’implication IN2P3, dans son état actuel, garantit sans doute un "ticket d’entrée" dans T2K, mais pas un retour scientifique important.
Le CS conseille vivement à la communauté française de T2K, avec l’aide de la Direction, de préciser ses objectifs, d’assurer ses moyens, de rechercher activement de nouveaux collaborateurs, de s’organiser au plan français et européen et d’identifier rapidement un coordinateur de l’ensemble de ses activités en France.
Le CS souhaite réexaminer la situation beaucoup plus en détail avec des informations supplémentaires sur T2K, mais aussi sur Double Chooz, et à la lumière d’une revue de projet approfondie. Il est souhaitable que cela puisse se faire dès novembre prochain.

 

8. GANIL : SPIRAL1 et 2, DESIR

Avancées de SPIRAL1

Le CS a entendu l’exposé de Ph.Chomaz en séance ouverte, le rapport de Bjorn Jonson en séance fermée et pris connaissance du rapport écrit de M.Huyse, membre du CS mais absent le 3 juillet. Le CS les remercie, en particulier B.Jonson pour son implication.
Les résultats de physique obtenus avec les faisceaux de SPIRAL concernent entre autres les coexistences de forme du 74,76Kr, l’hydrogène 7, les noyaux à halo et la clarification concernant le tétraneutron, la corrélation béta-neutrino à LIRAT, etc. La grande qualité des faisceaux d’éléments gazeux (8He en particulier, le meilleur au monde) et celle des détecteurs et ensemble de détecteurs présents au GANIL placent certainement ce laboratoire au premier rang de la discipline. On apprécie en particulier les premiers résultats de la cible active MAYA. L’équilibre entre le programme SPIRAL et le reste des activités du GANIL du point de vue du temps de faisceau est satisfaisant. Les publications sont abondantes et de valeur.
Le CS salue l’excellence de la production scientifique liée aux faisceaux de SPIRAL. Il s’associe toutefois à la requête formulée que toute thèse achevée fasse automatiquement l’objet d’une ou plusieurs publications, ce qui n’est pas le cas actuellement.
Pourtant, les rapporteurs comme les utilisateurs de GANIL (BUG et ASPI) soulignent qu’au delà des éléments gazeux il reste beaucoup de travail de développement cible-source pour rendre disponible une variété d’autres éléments, comme les alcalins, fort demandés. Un rapport de l’ASPI (Amélioration de SPIRAL) sera examiné par le SAC de Ganil en fin d’année.
Les rapporteurs suggèrent que les efforts portent sur une puissance faisceau sur cible accrue et sur le développement de cibles-sources nouvelles : cible oxyde en vue du carbone, schéma ECR 1+/n+ pour les alcalins, Laser Ion Sources (LIS), etc. Chacun de ces développements représente un travail considérable ("un PhD par élément").
Il serait également souhaitable de poursuivre des efforts d’amélioration des qualités du faisceau de CIME, en particulier en ce qui concerne l’émittance et la résolution en temps, qui faciliteraient la réalisation de nombreuses expériences.
Vu la montée en puissance de SPIRAL2 et la main-d’œuvre requise, il est clair que des priorités devront être définies et que les progrès de SPIRAL1 procéderont d’un "développement raisonné". Le bon fonctionnement de SPIRAL 1 et la perspective de SPIRAL2 sont autant d’incitation à venir travailler au GANIL.
Les rapporteurs insistent également sur la nécessité d’un plus grand effort de collaboration entre utilisateurs et physiciens et ingénieurs d’accélérateurs.
Le CS soutient fortement ces suggestions et recommande que l’impact scientifique de SPIRAL1 soit maximisé, pour son intérêt intrinsèque et parce qu’il représente la meilleure publicité pour la suite des projets du GANIL.

 

SPIRAL2 et DESIR

Le CS a entendu le rapport de M.Jacquemet sur les études de la machine, puis ceux de M.Lewitowicz sur le programme de physique de SPIRAL2 et la formation de ses collaborations, et de B.Blank sur DESIR. En séance fermée B.Jonson s’est exprimé brièvement sur DESIR.
Le CS réaffirme son soutien à SPIRAL2, première priorité européenne de NUPECC et ESFRI.
Il constitue une étape intermédiaire vers EURISOL. On en attend des avancées cruciales, comme des gains d’intensité de 100 et une diversité des méthodes de production des isotopes radioactifs. La physique offerte par SPIRAL2 aura un impact sur 5 des 6 grands axes identifiées par le rapport de prospective de NUPECC. Sa réalisation permettra un programme de pointe en physique nucléaire et donnera à la France et l’Europe une avance certaine dans le domaine des RIB.
Le CS apprécie la mise en place de la gouvernance du projet et de plusieurs collaborations internationales concrétisées par l’établissement de LEA et de MOU. Il note avec satisfaction le travail intense entrepris, l’enthousiasme de ses acteurs et la volonté d’établir un maximum de collaborations en tous domaines, comme celle avec NUSTAR.
La solution de référence de la machine est attendue pour novembre 06, ainsi que les solutions alternatives et phasages de construction, et les nécessités de R&D qui s’en dégageront peut-être.
Le CS appréciera d’en être informé, le moment venu.
Il constate avec satisfaction l’arrivée de nombreuses lettres d’intention qui seront soumises au SAC de SPIRAL2 en novembre.
Le CS rappelle néanmoins que le programme de physique de SPIRAL2 n’est pas financé.
DESIR est chronologiquement la première d’entre elles. C’est le fait d’une proto-collaboration née du résultat d’un atelier sur les faisceaux de très basses énergies tenu au GANIL en 2005. Il est certainement naturel et souhaitable qu’une telle option soit considérée pour exploiter les faisceaux de SPIRAL2. Mais elle est une parmi d’autres, et une vue et appréciation d’ensemble par le SAC sont nécessaires avant de décider quelle amplitude lui donner. Les 16 millions d’euros indiqués représentent assurément une borne supérieure de ce qui peut lui être consacré. D’autre part les dispositifs et détecteurs cités sont très proches de ce qui existe ailleurs, en particulier à ISOLDE, et il est à souhaiter qu’une phase de R&D en vue de les optimiser soit à considérer. Une extension du programme actuel de LIRAT pourrait être l’une des initiatives allant dans ce sens. Enfin, si les intensités des faisceaux potentiels et la liste des sujets de physique revendiqués semblent alléchantes, il appartient aux spécialistes de se prononcer après des examens plus approfondis, en particulier par rapport aux autres initiatives européennes et mondiales en la matière.
Le CS recommande avant tout que la possibilité de réaliser DESIR soit laissée ouverte et donc en particulier que le bâtiment requis soit intégré à l’enquête d’utilité publique et que des solutions pour son financement soient recherchées.

 

9. Suivi du calcul sur réseau

Le CS du 6 décembre 2004 avait donné un avis très positif concernant la demande française de l’achat d’ApeNEXT devant être ajoutés au parc de Rome. Jusqu’ici cette recommandation n’a pas été suivie d’effet. O.Pene a fait l’historique des discussions et réitéré le souhait de la communauté française impliquée, soutenue par une lettre des Porte-Paroles des expériences (physique du B, ions lourds, etc) dépendant le plus de ce genre de calculs. La Direction a pris note. Il semble que les obstacles administratifs ayant retardé l’acquisition de la première machine (financée par l’ANR) soient levés ou en passe de l’être.
NB : quelques jours après le CS, la situation apparaît comme bien meilleure et les deux machines semblent en voie de financement. Le CS remercie les Directions qui ont œuvré dans ce sens.

 

10. Session de novembre

L’enquête menée par A.Guillotau indique les 23-24 novembre comme date posant le moins de problèmes. La salle reste à trouver.

À l’ordre du jour :

  • bilan de l’année, par les directeurs
  • le futur de la physique hadronique
  • premiers résultats d’EDELWEISS II et la suite
  • rapport d’étape de VIRGO
    etc…
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