Le CNRS
Liens utiles CNRSLe CNRSAnnuairesMots-Clefs du CNRSAutres sites
Accueil In2p3Accueil In2p3

Rechercher :

Rechercher:

  Accueil > Actions de l'Institut > Conseils scientifiques

Conclusions du conseil scientifique du 6 décembre 2004

lire la suite Retour au sommaire

 

Cette session du CS était constituée des nouveaux élus, des anciens nommés et des directeurs de l’IN2P3.

Membres présents :
E. Aubourg, H. Delagrange, D. Froidevaux, L. Iconomidou-Fayard, F. Rejmund, J. Rich, D. Treille, M. Winter

Membres excusés :
Wolfgang Trautmann, Sylvie Rosier-Lees, Jean Zinn-Justin, Jean-Claude Brient (absent le mardi)

Assistaient à la session fermée :
S. Galès, S. Katsanevas, B. Kerber, P. Lavocat, F. Le Diberder, M. Lieuvin, M. Spiro, É. Suraud
Sylvie Leon (CNES), Pierre Glorieux (SPM), Christophe Salomon (LKB, rapporteur LISA/Pathfinder), Patrick Janot et Pierre Lazeyras (CERN, rapporteurs d’ATLAS), Adolfo Fucci (CERN, rapporteur Calcul sur réseaux) et les orateurs de la session ouverte.

N. Alamanos et P. Le Du représentaient le DAPNIA à la session ouverte.

Secrétaire scientifique :
Jean-Marie Brom

 

Le Conseil remercie vivement les rapporteurs pour la qualité et la clarté de leurs analyses.

 

Ordre du jour

 

 

Relevé de conclusions

 

1. et 2. Introduction et approbation des minutes de la réunion précédente

Les minutes de la réunion précédente sont approuvées.
On trouvera ci dessous un rectificatif concernant la partie du compte rendu relative à HESS-II.

 

3. Suivi d'ALICE/RHIC (S. Galès), de JANNUS (S. Galès) et d'AGATA

  • ALICE/RHIC

À part le LLR, les autres groupes français vont progressivement diminuer leur contribution au RHIC et rejoindre la collaboration ALICE.
Des changements sont en cours dans l'organisation interne d’ALICE, ce qui devrait permettre de clarifier les implications sur le détecteur et la physique (voir comptes rendus des CS de décembre 2003 et juillet 2004).
Une réunion ALICE-France aura lieu le 17 décembre (organisation/moyens/état d'avancement/suivi). Quatre groupes d'analyse de physique se mettent en place au CERN. Il est important que la France y soit présente, ce qui n'est pas encore le cas.
Cette participation sera discutée et mise en place le 17 décembre.
Il est par ailleurs rappelé que l'IN2P3 a pris des responsabilités importantes au sein d’ALICE et qu'il faudra les assumer.
Un rapport complet devrait être présenté au CS de l'IN2P3 au printemps.

  • JANNUS

Le projet JANNUS a été examiné au CS de décembre 2003, avec rapport d’étape en juin 2004. JANNUS (Jumelage d’Accélérateurs pour les Nanosciences, le Nucléaire et la Simulation) veut, sous forme d’un Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS), rassembler des compétences scientifiques autour d’un ensemble expérimental à deux sites dédié aux sciences des matériaux sous irradiations.
Une première réunion du GIS Jannus doit se tenir en décembre 2004.
Les appels à propositions devraient être lancés tout prochainement.
L'état d'avancement du projet devra être évalué lors du prochain CS de l'IN2P3.
Se pose également la question de l’intégration de JANNUS dans le GDR Interactions Ions-Matière actuellement en discussion.

  • AGATA

La collaboration est formée, et en voie de construire le démonstrateur. Ce programme sera examiné au prochain CS.

 

4. LISA/Pathfinder (Rapporteur : C. Salamon [LKB], présence de Sylvie Leon [CNES])

Le Conseil apprécie l’opportunité offerte à l’IN2P3 de participer, en liaison étroite avec le CNES, à un projet embarqué de cette ampleur et salue la décision récente du Conseil d’Administration du CNES d’engager les phases B/C/D de la participation française au projet LISA Pathfinder de l’ESA.

Le Conseil reconnaît le vaste potentiel de physique offert par LISA. Il salue la création du groupe interdisciplinaire LISA/France qui rassemblera les laboratoires apportant une contribution au projet spatial LISA. Il souhaite que le catalogue de signaux potentiels qui lui a été présenté soit, autant que faire se peut, étayé par diverses considérations : bruits de fond, conditions et temps d’observation, formes d’ondes émises, évaluation statistique des sources possibles, méthodes d’analyse non standard, prise en compte du temps de mission, etc. Le CS encourage donc la collaboration LISA-France à œuvrer dans ce sens par une activité de simulation rapidement mise en place pour développer une chaîne complète d’analyse des données.

LISA se place clairement dans un domaine de sensibilité complémentaire de celui qu’exploreront LIGO et VIRGO. Les synergies potentielles entre LISA et VIRGO sont évidentes. Cependant l’IN2P3 doit s’assurer que l’implication dans LISA/Pathfinder n’aura pas à court et moyen terme d’effet négatif sur la mise en œuvre et l’exploitation de VIRGO.

LISA, par sa problématique scientifique et son mode de réalisation, multidisciplinaire au sein du CNRS et le liant à d’autres organismes, est un projet très attirant. Dans l’éventualité d’une implication française à long terme dans LISA, la participation à la phase de faisabilité LISA/Pathfinder semble raisonnable.

Le Conseil regrette toutefois d’avoir eu à se prononcer à si court terme sur un projet nouvellement apparu dans sa problématique et relativement peu documenté, alors que des engagements, du moins moraux, ont déja été pris.

En ce qui concerne les engagements techniques proposés, trois réserves sont formulées :

  • L’IN2P3, quoique déjà présent dans le domaine de l’expérimentation spatiale, ne possède pas d’expérience de maîtrise d’œuvre en projets embarqués, où la culture spatiale et un bon contrôle de l’industrie sont impératives. Son implication n’est donc concevable que dans le cadre d’une collaboration plus vaste, dont il est souhaitable que le CNES soit le maître d’œuvre, du moins dans la phase initiale.
  • Pour l’engagement prévu par l’APC, le Conseil juge insuffisants les moyens mis en place par le laboratoire. L’absence d’expertise en optique, point central de LISA/Pathfinder, fragilise fortement la participation. Le CS apprécierait de voir concrétisés les plans de transferts de compétence d’autres laboratoires (par exemple SYRTE) vers l’APC.
  • L’échelle de temps initialement présentée, concernant l’Engineering Qualification Model, son Critical Design Review et la livraison de l’AOM en août 2005, était totalement irréaliste. Celle qui est actuellement envisagée maintient un planning très tendu.

Le Conseil souhaite réexaminer en profondeur la situation dès sa prochaine séance, à la lumière des conclusions qui seront tirées lors de la réunion de LISA France fin janvier et des résultats de la revue du projet par le CNES qui doit avoir lieu en février 2005.

 

5. Calcul sur réseaux (Rapporteur : A. Fucci [CERN], présence de P. Glorieux [SPM])

La demande présentée, projet commun SPM-IN2P3, vise à participer au Centre de Calcul de l’Université de Rome en le renforçant de quatre unités de 0.8 Tflop chacune, ce qui permettra aux membres de la collaboration, et en particulier les Français, de profiter d’une capacité totale de 13-14 Tflops.

Le calcul sur réseaux est un sujet non seulement prometteur mais indispensable pour savoir exploiter les données de plusieurs programmes expérimentaux d’une toute autre ampleur. La communauté théorique et expérimentale française (une quinzaine de permanents), par sa compétence démontrée et reconnue en la matière et son engagement soutenu dans de tels programmes d’expériences, offre toutes les garanties de savoir exploiter et rentabiliser au mieux de tels moyens, auxquels elle n’a encore accès que de façon notoirement insuffisante.

À l’heure actuelle, la plupart des spécialistes consultés s’accordent à penser qu’un renforcement localisé d’un ensemble de calcul dédié, comme l’est ApeNEXT, seul calculateur dédié actuellement construit en Europe, est le choix correct. Le faire à Rome est également l’option la plus raisonnable, sachant que ce choix ne compromet pas des options ultérieures plus européennes. Le Conseil encourage donc l’IN2P3 à soutenir une telle initiative en liaison étroite avec SPM. Pour des raisons pratiques, une décision dans un bref délai est souhaitable. La recherche d’autres collaborateurs potentiels de disciplines différentes est également encouragée.

Préparer le long terme, en vue d’une entreprise européenne, est nécessaire, mais moins évident du point de vue technique. Faut-il miser sur des développements ultérieurs de moyens de calcul dédiés du même type (environ 4 ans par génération d’Ape), ou bien tirer parti de la dynamique existant autour des PC en clusters, de leurs accès mémoire et des réseaux associés, malgré les problèmes de puissance dissipée ? La réponse passe certainement par la réalisation à échelle suffisante de tels clusters et par l’évaluation de leurs performances. Le Conseil encourage la collaboration française à suivre attentivement cette évolution et ses R&D, ainsi bien entendu que les progrès concernant les algorithmes.

 

6. Résumé sur les activités des groupes de l'IN2P3 pour ATLAS (Rapporteurs : P. Lazeyras [CERN] et P. Janot [CERN])

Tous les groupes de l’IN2P3 impliqués dans ATLAS ont effectué un travail considérable pour réaliser les éléments du détecteur dont ils avaient pris la responsabilité. La qualité de l’exécution est à la hauteur des attentes, point de vue partagé par le management d’ATLAS. Tous les bancs de test de l’électronique sont réalisés avec un grand professionnalisme et les physiciens s’impliquent fortement, ce qui leur crée souvent une surcharge de travail. On ne voit pas de raisons pour lesquelles les parties du détecteur dont l’IN2P3 est responsable ne seraient pas opérationnelles comme spécifié et à temps, mais il est indispensable que les efforts des équipes et le support de l’Institut soient maintenus au niveau actuel pour assurer ce succès prévisible. Il ne faut toutefois pas perdre de vue que le programme de production, installation et tests à faire est souvent très tendu. Une stabilité des effectifs actuels est nécessaire, en particulier concernant quelques CDD. Certains supports additionnels relativement importants seraient les bienvenus localement, comme des techniciens à Marseille pour le montage au CERN et pour la troisième couche de pixels (voir ci dessous), et un ou deux informaticiens à Clermont, au LAPP et au LPNHE. Les projets communs sous la responsabilité de l’IN2P3 ont été menés à bonne fin ; il restera à tester le software de contrôle de la cryogénie, ce qui devrait aboutir sous peu.

Les labos de l’IN2P3 ont également pris une part importante dans tous les tests en faisceaux impliquant les calorimètres et assuré la coordination générale du test combiné d’une tranche d’ATLAS, considéré comme un succès d’envergure par la Collaboration. Le CS encourage vivement les labos à prolonger ce succès en conduisant des analyses de ces données, impliquant le plus grand nombre de détecteurs possible. Ils seront autant d’apports aux activités de performances combinées, clé des analyses physiques.

Les moyens financiers prévus à l’heure actuelle, si l’on excepte la troisième couche de pixels, devraient en principe permettre de mener à bien tous les projets dans le laps de temps prévu. L’augmentation du coût d’ATLAS par rapport à l’estimation initiale au moment du MoU, même si elle apparaît non négligeable en valeur absolue, n’est pas choquante en valeur relative au vu de la dimension et de la complexité du projet.

Concernant les pixels, le CS recommande de procéder rapidement à une revue technique de la situation afin de clarifier les raisons de la lenteur de la production et de prendre les mesures adéquates. En effet, un effort encore plus important de la part des deux fournisseurs est indispensable pour satisfaire un planning de production extrêmement tendu. Convaincu du bien-fondé de la troisième couche pour la physique à long terme, le CS soutient l’idée qu’elle devrait être réalisée dans la foulée des autres, sans rupture de la production, et encourage l’IN2P3 à intervenir dans ce sens. Quant aux modalités de l’installation des pixels dans l’expérience, incluant la prise de risque de les y mettre dès la phase initiale, elles sont du ressort de la Collaboration.

La participation des groupes français au management d’ATLAS et à l’organisation en générale est bien au dessus de la moyenne, et une bonne dizaine de français sont considérés comme des personnages clés de la Collaboration. Les engagements et les réalisations des groupes de l’IN2P3 au niveau du software général, de la simulation et de la reconstruction, du trigger de haut niveau et du software online sont légion. Les groupes français sont considérés parmi les plus actifs dans ce domaine. La Collaboration souligne leur implication et leur efficacité, apprécie la compétence et la conscience professionnelle de leurs ingénieurs et physiciens. Toutefois il existe quelques points sur lesquels un seul labo est impliqué (comme le software online des calorimètres) et où le soutien des autres serait le bienvenu.

Le retard de l’utilisation de la grille au CC-IN2P3 doit cependant être comblé. Le CS, d’accord avec la priorité de la Direction de l’IN2P3 d’assurer d’abord un Tier 1, lui recommande de pousser le Centre de Calcul à accroître sa capacité de production et à diversifier ses modes de stockage de données. Il serait souhaitable également qu’une personne de contact entre le Centre et ATLAS soit désignée et que l’expertise en matière de Grille disponible pour ATLAS soit renforcée dans certains labos où elle fait défaut. Quant à la collaboration, il lui appartient de démontrer, par une participation accrue aux "data challenges", qu’elle fera bon usage de ces ressources.

Les compétences des groupes français en physique sont unanimement reconnues pour leur qualité et leur sérieux. Cependant, en partie à cause de la surcharge de travail déjà soulignée, l’engagement actuel est jugé trop dispersé et ponctuel pour atteindre l’efficacité nécessaire lors de la prise des premières données au LHC. Un investissement plus fort sur des canaux simples et copieux, la maîtrise (générateurs Monte-Carlo, analyse de simulation complète, efficacités) des topologies standard, clés des recherches futures, sont recommandés. Un accroissement du nombre de doctorants (plus petit que la moyenne des autres instituts et qui diminue à l’heure actuelle), une participation plus active des physiciens de D0 (en aménageant par exemple des thèses en co-tutelle), un rééquilibrage des forces en présence dans les différents laboratoires, une politique d’encadrement moderne et nationale au niveau de ATLAS-France qui devrait davantage piloter et coordonner la préparation à la physique et inspirer une vision à long terme, un encouragement pour que les "jeunes" prennent en main la direction de la physique dans les différents groupes, une implication directe accrue de théoriciens, sont autant de pistes à suivre pour améliorer la situation. C’est le moment d’agir, afin que l’IN2P3 récupère rapidement sa mise de départ dans des résultats de physique gratifiants, et le CS souhaite être informé de la suite donnée à ces suggestions.

 

7. Rapport d'étape HESS-I et HESS-II

Michael Punch a présenté quelques résultats récents de HESS et fait le point concernant HESS-II.

L'analyse des données existantes avance à un rythme satisfaisant ; de nouvelles données ont été prises durant l'année écoulée. Le CS est impressionné par la qualité et l’intérêt des résultats récents de HESS, dont certains sont des premières.

Concernant HESS-II, il est utile de rectifier quelques points incorrectement formulés dans le résumé antérieur du CS. La réalisation des ASIC de mémoire analogique est un développement technique incontournable, sans solution de repli, et qui se trouve sur le chemin critique. Par contre le déclenchement de niveau 2 peut être très utile, mais n’est ni essentiel ni un point de blocage. Le R&D sur les photomultiplcateurs est potentiellement utile, mais les estimations pour HESS-II sont basées sur les détecteurs actuels.

Le CS apprécie que la Collaboration se soit renforcée. Il réitère le souhait que soit maintenu l’équilibre entre analyse et responsabilités techniques sur HESS-I et développements sur HESS-II. Le projet HESS-II en est au niveau de la rédaction d'un rapport technique détaillé qui devrait servir de base à la demande d'inscription en TGE. Ce document devrait être disponible en janvier. Le CS attend des informations sur la formation d’une Science Team. Il souhaite qu’ait lieu une revue de projet à une prochaine de ses sessions et si possible en mars.

 

8. Rapport d'étape Dooble CHOOZ

Le CS a entendu deux exposés sur l’état de Double CHOOZ, par T. Lasserre (DAPNIA), décrivant l’enjeu scientifique, et par H. de Kerret, donnant les derniers développements. La collaboration semble s'être étoffée au niveau international, depuis la dernière discussion de ce projet au Conseil.

Cependant le CS exprime son inquiétude de constater que la négociation avec l’EDF sur son acceptation/participation ne semble pas progresser assez vite et qu’aucune décision n’est en voie d'être prise. La rapidité est une des clés du succès de l’expérience et les protagonistes sont vivement encouragés à s’assurer que l’information nécessaire atteint bien les secteurs concernés de l’EDF. Le CS attend un rapport à sa prochaine session.

9. Prochain Conseil

Prochains sujets : ALICE ; JANNUS (séance fermée) ; AGATA ; Présentations des priorités IN2P3-DAPNIA issues des journées de prospective de la Colle-sur-Loup (séance ouverte) ; Un programme de R&D sur la transmutation et les réacteurs du futur ; Résultats de l’expérience G0 à Jlab (été 2005) et/ou Physique hadronique à l’IN2P3 : l’après Jlab et le projet FAIR à GSI ; HESS-II ; Revue de projet Double CHOOZ ; Revue de LISA/Pathfinder ; Résumé du meeting de Villars sur le futur des expériences non-LHC au CERN (séance ouverte).

Plus tard dans l’année : Un programme accélérateur parmi BaBaR, D0, H1, LHCb ; Calcul : situation du projet LCG France, Tier1, Tier2.

Prochain Conseil : 21 et 22 mars 2005.

Barre d'outils Accueil Imprimer Plan du site Crédits Se rendre à l'institut Boîte à outils